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Les châteaux de Bruniquel nous ont livrés tous leurs secrets ce samedi 10 juin 2017.

Photo: Vincent Briois qui faisait partie du groupe

En effet, la visite était conduite par une guide de l'office de tourisme et traduite en russe par Ania, qui fut d'ailleurs à l'initiative de cette agréable sortie.

Pour cette occasion l'Association Pouchkine avait réuni une vingtaine de membres et sympathisants dont certains apprenant la langue russe et inversement des amis russes apprenant le français. Cette mixité donne encore plus de sens à ce genre de sortie et favorise les échanges entre nos deux cultures. Nous regrettons cependant l'absence de Marie-Thérèse, la présidente qui était retenue par ailleurs.

Le rendez-vous était fixé à 10 heures sur un parking en contrebas des châteaux. Nous avons emprunté les rues médiévales pour arriver sur la place devant l'entrée du Château Neuf dans lequel se tient la billetterie et une boutique de souvenirs. Nous avons commencé la visite par le Vieux Château, poursuivi par le Neuf et terminé dans les jardins.

Vers midi nous avons regagné nos véhicules et Ania nous a conduit chez un sympathisant de l'Association qui nous a gentiment prêté un terrain ombragé en bordure de l'Aveyron sur lequel nous avons partagé notre pique nique en toute convivialité tout en écoutant les oiseaux et le murmure de l'eau qui s'écoule de la jetée.

 

Vous pourrez voir quelques photos que j'ai prises au cours de la visite dans l'album intitulé "Châteaux de Bruniquel"

 

 

Photo: site de la mairie de Bruniquel

 

Quelques informations recueillies sur le Site de la Mairie de Bruniquel:

Les châteaux de Bruniquel situés dans l’un des « plus beaux villages de France », sont perchés sur un éperon rocheux dominant les vallées de l’Aveyron et de la Vère.

Avec près de 33000 visiteurs par an, chiffre en constante augmentation, les châteaux font l’objet de campagnes de restauration par étapes.  Ils sont la propriété de la municipalité depuis 1987, qui bénéficie de soutiens de l’état, la région, le département et l’Europe dans le cadre de ces projets.

 

Un peu d’histoire :

On attribue à la reine mérovingienne Brunehaut ou Brunehilde (vers l’an 600), la fondation du village et d’un premier château sur l’emplacement déjà occupé à l’époque romaine par un castrum (camp fortifié). Sur les ruines de ce premier château a été construit l’actuel «château vieux», au 13ème siècle. Propriété des comtes de Toulouse, il est habité par les vicomtes de Bruniquel.

Au milieu du 15ème siècle, le vicomte en querelle avec son fils, décide de vendre les terres situées à l’est de son château à un cousin, Maffre de Comminges. Après quinze années de procès qui opposeront le père et le fils, le cousin pourra enfin acheter les terres afin d’y construire son propre château entre 1485 et 1510. C’est pourquoi il existe sur le même site deux châteaux : le vieux et le jeune. Pendant trois siècles les deux branches de la famille ne cesseront de se quereller. Le «château vieux» porte encore aujourd’hui la trace de ces différentes attaques, notamment la salle dite des chevaliers.

A la fin du 18ème siècle, le vicomte du «château vieux» décide de racheter le «château jeune». A la même époque un impôt prélevé sur les ouvertures incitera le vicomte à murer toutes les portes et fenêtres de sa nouvelle acquisition. Seul le «château vieux» continuera à être habité jusqu’en 1980, année de la mort de la dernière vicomtesse de Bruniquel. Le «château jeune» sera laissé à l’abandon pendant deux siècles et sera donc paradoxalement le plus abîmé des deux lorsque la municipalité se portera acquéreur en 1987.

Classés «Monuments Historiques» en 1840 par Prosper Mérimée, les deux châteaux nous offrent quelques raretés telles que le donjon du 12ème siècle, une cuisine du 17ème équipée d’un magnifique et très rare potager (ancêtre du fourneau) à neuf trous, la salle d’apparat réaménagée au 17ème siècle, une chapelle transformée en cuisine, une galerie surplombant la rivière Aveyron à 90 mètres de hauteur…          

                     

Plan recueilli sur internet

 

Autres choses dignes d'intérêt:

Photo des photos: Alain Bigou

 

Cinéma: A Bruniquel furent tournées de nombreuses scènes du film "Le vieux fusil". Une exposition de photos nous remémore  les deux immenses acteurs qui ont tourné dans ce film, Romy Schneider et Philippe Noiret pour ne citer que les plus emblématiques. Le château est marqué par l'incendie qui a suivi une scène du film abîmant à jamais des peintures sur bois.

 

Photo: Alain Bigou

 

Préhistoire: Bruniquel est aussi un haut lieu de la préhistoire. Une salle du château est dédiée aux découvertes faites dans les grottes voisines.

Une équipe d’archéologues et géologues franco-belge vient en effet d’y faire une découverte tout simplement extraordinaire. En 2012, la géologue belge Sophie Verheyden visite avec des spéléologues la grotte de Bruniquel.
A 300 mètres de l’entrée, elle remarque une « installation » pour le moins curieuse , une harmonie qui ne ressemble pas à ce que la nature peut faire toute seule: des morceaux de stalagmites  cassés et disposés en deux cercles tangents, l’un d’une dizaine de mètres de diamètre, l’autre de trois mètres. Tous ces morceaux sont manifestement calibrés.  Et il y a des cales pour maintenir ces empilement.

Jacques Jaubert, de l’université de Bordeaux, Dominique Genty, du CNRS et Michel Soulier, spéléologue, vont relever et numériser en 3D cet assemblage. De toute évidence, ce sont les hommes préhistoriques qui ont réalisé cette construction, même si le sens nous échappe totalement. Art pour l’art, lieu de culte, cercle « magique »... On avait déjà découvert des traces d’occupation de la grotte remontant à 47 000 ans, donc au tout début de l’arrivée de « Homo Sapiens » en Europe.

Mais des examens plus approfondis réalisés directement sur les stalagmites par la méthode de l’uranimu-thorium donnent une date de construction de cet assemblage qui donne le vertige : 176 500 ans ! C’est dix fois plus anciens que les dessins de la grotte de Lascaux, peints il y a « seulement » 18 000 ans. L’étude vient d’être publiée dans la prestigieuse revue « Nature ». 

"Ce sont les plus anciennes constructions humaines aussi complexes trouvées sous terre", explique la géologue Sophie Verheyden. Une découverte qui va révolutionner l’image que l’on avait du robuste et rustique homme de Néanderthal. 

Source: Article de la Dépêche du Midi - 25 mai 2016

Pour plus d'informations sur les manifestations qui se déroulent à Bruniquel ou concernant la visite des châteaux,  je vous invite à vous rendre sur le Site de la Ville de Bruniquel: www.bruniquel.fr › Découvrir

 

Alain BIGOU - Association Pouchkine

 



 

La suite de la visite des Villes de l'Anneau d'Or de Russie passe par Kostroma, Viatskoe, Krasny Profintern, Pestrecevo et se termine à Serguiev Possad 

 

KOSTROMA 

Le 15 septembre 2016 nous avons débuté la visite de Kostroma par le Monastère Ipatiev, ses monuments, l'exposition de peintures et d'icônes, la maison de l'Evêque, le musée, ses espaces verts plantés d'arbres fruitiers décoratifs, une crypte. Le musée qui renfermes de nombreuses pièces de grande valeur historique dont deux lettres signées par les présidents successifs de la Russie: Vladimir Poutine (27/03/2006) et Dmitri Medvedev (15/05/2008). De nombreux princes de la Principauté de Iaroslavl, des évêques, des archevêques, des métropolites et des gouverneurs de la ville reposent dans la crypte.

Kostroma: Monastère Ipatiev, Cathédrale de la Trinité

 

Plus tard nous avons fait une visite rapide du monatère Orthodoxe de la rue Simanovski.

Nous sommes retournés près du Monastère Ipatiev pour visiter le musée d'Architecture en bois, en plein air. Une rue de village est reconstituée avec des maisons et dépendances, églises … Des banias se mirent sur la rive opposée d'un plan d'eau longeant l'allée principale abritée par des bouleaux. Il évoque les modes de vie dans les villages du XIVème au XXème siècles.

Kostroma: Musée d'Architecture en bois - Chapelle Ili Proroka du Haut-Berezovets (fin XVIII-XIX°)

Nous avons pris notre repas au restaurant Slavianski près du marché couvert en centre ville.

Pour digérer nous avons fait la visite du centre ville. Avant de quitter Kostroma nous sommes descendus sur les bords de la Volga près de la Gare Fluviale.

Sur le chemin du retour, à la vue des nombreux vendeurs de cèpes et autres champignons au bord de la route, nous avons prié le chauffeur de faire une halte dans un bois. L'arrêt fut de courte durée, et malgré que nous n'étions pas manifestement les premiers à entrer dans le bois des cèpes furent trouvés.

La journée n'est pas terminée, nous rentrons à Iaroslavl faire quelques courses, nous en profitons pour flâner dans le centre ville du côté de l'administration régionale. Sur l'esplanade ont été disposés des massifs de fleurs avec des miniatures dont chacun correspond à une ville de chaque raïon de l'oblast de Iaroslavl. Une façon originale pour montrer l'activité et la richesse économique et culturelle de l'ensemble de l'oblast.

Nous regagnons l'hôtel ou un véhicule nous attend pour nous conduire chez Nadejda, notre guide qui tient à nous faire visiter sa maison. Avec sa famille et ses amis nous sommes conviés à partager des spécialités locales, bien arrosées de vin et d'alcool local. Le repas est entrecoupés de chants traditionnels parfois accompagnés à la guitare. Nadejda nous convie même à partager une danse spécifique de son pays qui termine en fou-rire général.

Encore une soirée qui se termine dans la convivialité et la bonne humeur.

Centre-ville de Kostroma

 

Kostroma (en russe : Кострома) est une ville de Russie et le centre administratif de l'oblast de Kostroma. Sa population s'élevait à 269262 habitants en 2013. Kostroma fait partie des villes de l'anneau d'or de Russie. Kostroma est située au confluent de la Volga et de la Kostroma, 65 km à l'est de Iaroslavl et 300 km au nord-est de Moscou.

Les premières chroniques faisant référence à la ville datent de 1213, mais les historiens pensent qu'elle a pu être fondée par le prince Iouri Dolgorouki en 1152. Elle doit son apparition à sa position stratégique défensive contre les assaillants venus de l'est (Tatars et Mongols). Ainsi, comme d'autres villes de Russie de l'est, Kostroma a été mise à sac par les Mongols en 1238.

Construites à l'origine en bois, les habitations ont été détruites par les incendies. Quant aux édifices actuels, ils datent du XIXe siècle.

À l'origine, Kostroma était le siège d'une petite principauté dirigée par le prince Basile « le Buveur », un des plus jeunes frères d'Alexandre Nevski. Même en héritant du titre de grand duc en 1271, Basile n'abandonna pas la ville pour celle de Vladimir, cité princière. Ses descendants gouvernèrent à Kostroma pendant plus d'un demi-siècle, avant que la ville ne soit rachetée par Ivan Ier de Moscou.

Comme beaucoup de villes du nord de la Moskova, Kostroma servait de lieu de retraite pour les grands ducs qui souhaitaient se protéger des ennemis qui assiégèrent Moscou en 1382, 1408 et 1433. En 1375, la ville fut pillée par les pirates de Novgorod (les oushkouïniki).

La ville doit sa prospérité et sa croissance économique au XVIe siècle aux relations commerciales établies avec les marchands anglais et néerlandais (la Compagnie de Moscovie) par le port du Nord d'Arkhangelsk.

Boris Godounov reconstruisit en pierre les monastères de l'Épiphanie et de Saint-Ipatius (Ipatiev).

Kostroma fut ravagée par deux fois par les Polanes. Elle résista à six mois de siège et finit par les expulser du monastère Ipatiev. Lors de ces événements, un paysan héroïque du nom d'Ivan Soussanine se distingua et devint le symbole de la résistance de la ville face aux envahisseurs étrangers ; plusieurs monuments lui furent dédiés.

Le futur tsar Michel Romanov vécut dans ce monastère. Il n'y avait à Kostroma qu'une ambassade de Moscou offerte par la couronne russe en 1612.

Les tsars Romanov ont toujours donné à Kostroma une place de choix. En effet, le monastère Ipatiev accueillit nombre d'entre eux, en particulier, Nicolas II, le dernier empereur de Russie.

Le monastère a été fondé au début du XIVe siècle par un prince tatare, l'ancêtre de la famille Godounov. Les tsars Romanov ont reconstruit la cathédrale de la Trinité en 1652. Dans le monastère, la maison de bois de Michel Romanov est restée préservée.

Un bon nombre de charpentes en bois des structures des murs du monastère viennent des régions de l'actuel oblast de Kostroma.

Kostroma fut ravagée par un grand incendie en 1773. Par la suite, la ville fut reconstruite avec des rues qui convergent de façon radiale vers un même point à proximité du fleuve. D'après une légende, on dit que l'impératrice Catherine laissa tomber son éventail sur la carte de la ville et qu'elle demanda aux architectes de suivre son dessin. On trouve encore des vestiges urbanistiques préservés datant du XVIIIe siècle.

Il existe à Kostroma quelques bâtiments de style néoclassique. Parmi ces derniers, on trouve le palais du gouverneur, une tour de guet, une rotonde sur une digue de la Volga et un marché central bordé d'arcades avec une église de marchands dans le centre. 

Monastère Ipatiev 

Le monastère Ipatiev (en russe : Ипатьевский монастырь) ou monastère Saint-Hypatius est bâti au bord de la rivière Kostroma, près de la ville de Kostroma. Le monastère fut fondé vers 1330 par un Tatar converti, le prince Tchet, ancêtre de Boris Godounov. De 1433 à 1435, le grand-duc Vassili II, chassé du trône de Moscou par son oncle Youri de Zvenigorod, est relégué à Ipatiev pour régner sur la ville voisine de Kostroma. À l'époque, le monastère, réservé aux hommes, est un important centre d'enseignement.

Pendant le Temps des troubles, le monastère Ipatiev fut occupé par Dimitri II (encore appelé le faux Dimitri) au printemps 1609. En septembre de la même année, le monastère fut pris par l'armée de Moscovie après un long siège.

Le Zemski sobor (Congrès de la Terre russe) désigna Michel Romanov, qui résidait alors au monastère, comme nouveau tsar de Russie, le 14 mars 1613. Selon la légende, en ce même hiver, un paysan des environs nommé Ivan Soussanine sacrifia sa vie pour sauver le jeune tsar des troupes de Sigismond III Vasa, roi de Pologne, qui contestait cette nomination.

C'est au monastère Ipatiev que Nicolas Karamzine, auteur à partir de 1803 de la monumentale Histoire de l'État russe, découvrit un ensemble de trois chroniques du XIVe siècle, comprenant la Chronique de Nestor, connue désormais sous le nom de Codex d'Ipatiev.

La plupart des édifices du monastère a été construite entre le XVIe et le XVIIe siècle. La cathédrale de la Trinité est célèbre pour ses somptueuses peintures intérieures. L'entrée principale côté rivière a été construite par l'architecte Constantin Thon. La maison privée de Michel Romanov a été restaurée sur ordre d'Alexandre II, mais la fidélité de cette restauration fut largement remise en question.

Le monastère fut fermé après la révolution d'octobre en 1917, mais a été en grande partie préservé comme témoin historique et architectural. Les soviétiques ont cependant démoli une des églises du monastère. Sa reconstruction est en projet. Elle serait consacrée aux saints martyrs de la famille Romanov. Les autorités ont récemment décidé de consacrer à nouveau le monastère à l'église orthodoxe russe, malgré une forte opposition des musées nationaux.

 

Kostroma, Monastère Ipatiev

Musée de l’architecture en bois de Kostroma

Le musée de l’architecture en bois à ciel ouvert de Kostroma existe depuis 1958.

Il expose des exemples de l’architecture de culte et résidentielle des XVI – début XX siècles, apportés des coins différents de l’oblast de Kostroma: maisons de paysans riches et pauvres, des dépendances, greniers, séchoirs à blé, banias, moulins, chapelles et églises en bois.

Les édifices les plus vieux et les plus célèbres sont l’église du village Spasse-Véji construite en 1713 et celle du village Kholm érigée en 1564; la maison de Erchov construite au milieu du XIX siècle et l’église du village Fominskoïé bâtie au début du XVIII siècle.

Les maisons représentées au musée sont aménagées d’objets propres à la vie quotidienne de l’ancienne Russie

 

Monastère de la Transfiguration du Sauveur 

Le monastère de la Transfiguration du Sauveur (en russe : Спасо-Преображенский монастырь) appelé aussi monastère Spasski (en russe : Спасский монастырь) est un ancien monastère actuellement désaffecté (pour homme), situé à Iaroslavl en Russie. Il a joué un rôle important dans l'histoire locale de la ville et de la région. Il est situé sur la place de l'Épiphanie, près du pont de Moscou qui traverse la Kotorosl, dans le raïon de Kirovsk. C'est dans ce quartier que se trouvent les monuments architecturaux du XVIe siècle au XIXe siècle. C'est ici que fut découvert «le Dit de la campagne d'Igor» témoignage de la littérature russe ancienne.

Le monastère Spasski a joué un rôle important dans l'histoire de Iaroslavl, comme centre spirituel, culturel et économique durant des siècles. Il est créé au XIIe siècle, derrière les murs de la ville de l'époque, près du passage sur la Kotorosl, occupant ainsi une position angulaire dans le système de défense de la ville. En 1216—1218, la première école ecclésiastique de la Rus' du Nord-Est s'installa dans ses murs. Entre 1216 et 1224, la cathédrale de la Transfiguration du Sauveur fut construite dans l'enceinte du monastère. En 1218 en l'honneur de la Principauté de Iaroslavl fut construite, selon la légende, une cathédrale miniature de "l'Entrée du Christ à Jérusalem" dans la partie sud-est du monastère. Cet édifice n'est pas parvenu jusqu'à nous. Dès la première moitié du XIIIe siècle, s'est constituée une grande bibliothèque dans le monastère notamment par la copie de manuscrits.

Après l'incendie qui eut lieu en 1501 et qui endommagea gravement les bâtiments du monastère, une nouvelle cathédrale de la Transfiguration du Sauveur fut construite à l'image de la Cathédrale de l'Annonciation de Moscou et de la Cathédrale de l'Archange-Saint-Michel de Moscou du Kremlin de Moscou. Cette cathédrale est actuellement le plus ancien édifice de Iaroslavl. Ses fresques, réalisées de 1563 à 1564, sont les plus anciennes peintures murales de la ville et parmi les plus anciennes datant de l'époque d'Ivan le Terrible. C'est à cette époque également, qu'est construite la première tour en pierre (appelée "les saintes portes"). Ce sont des artistes moscovites et aussi locaux qui créèrent la grande iconostase de la cathédrale. Treize icônes déisis ont été conservées ainsi que trois autres du registre inférieur de l'iconostase.

Au XVIe siècle, est créé le beffroi-carillon et le réfectoire ainsi que l'église de la Croix de Noël, mais en 1550-1580 ces édifices furent construits en pierre au lieu du bois. Le monastère devient la partie la plus solidement fortifiée de la ville, étant donné que la Kremlin de Iaroslavl n'a jamais eu de murs de pierres à cette époque et que ceux qu'il a eu plus tard, ont été démantelés au XVIIIe siècle. C'est la raison pour laquelle le monastère Spasski est souvent appelé le Kremlin de Iaroslavl.

Ivan le Terrible aimait à visiter ce monastère. À la fin des années 1560, le monastère avait reçu de lui 55 lettres patentes, la propriété de 6 paroisses et de 239 villages, des droits de pèche et des salines, et encore une exonération fiscale générale ainsi qu'un privilège de juridiction (stavropégie). Son fils, Fédor Ier, accorda encore au monastère une douzaine de chartes.

En 1609, au temps des troubles le monastère Spasski et le Kremlin de Iaroslavl résistent au siège du colonel lituano-polonais Ossip Boudile et du gouverneur Naoumova, qui se prolongea durant un mois environ, tandis que le reste de la ville de Iaroslavl était prise. Des murs du monastère, sont partis en 1612 les milices populaires envoyées à Moscou pour la libérer de la domination lituanienne. Du 21 mars au 16 avril 1613, Michel Ier Romanov futur tsar de Russie résida à Iaroslavl, en provenance du monastère Ipatiev à Kostroma, avant de se diriger vers Moscou. C'est du monastère Spassky qu'il envoya sa première lettre d'acceptation du trône de toutes les Russies. Plus tard il accordera 18 chartes au monastère.

De 1621 à 1646, furent reconstruits les murs du monastère qui avaient souffert du siège. Ils furent renforcés par la même occasion et sont encore aujourd'hui, pour l'essentiel, dans l'état où ils étaient à cette époque. Des tours de garde en pierre apparaissent (celles appelées " de Notre-Dame", "Ouglitch", "Gloukhaïa", " Mikhailovskaïa", la "porte de l'Eau"). Durant le dernier quart du siècle sont reconstruites les cellules des moines. À la fin du XVIIe siècle la longueur totale des murs atteint 820 m, la hauteur 10,5 m, la largeur des murs 2,8 à 3 m. Le murs et tours étaient garnis d'armes: 15 grands canons et 17 petits, 97 carabines, 14 barils de poudre.

Le monastère possédait un vaste territoire à l'ouest de la ville le long de la route vers Ouglitch, où au XVIIe siècle s'accrut le nombre de villages colonies du monastère (plus de 300 foyers). Le résultat fut qu'il devine de plus en plus puissant, qu'il influença de plus en plus la vie sociale et économique de Iaroslavl, qu'il entra en concurrence et parfois même en conflit avec les bourgades issues de ces colonies initiales.

L'Église de Saint Théodore, David et Constantine est située dans le monastère de la Transfiguration. Elle est également connue sous le nom de l’église de l’entrée du Seigneur à Jérusalem. Construite en 1827-1831, sur un projet de l'architecte provincial P. J. Pankova (Ukraine). L’église contenait autrefois une petite église à l’entrée, contemporaine du début de la construction de la cathédrale de la Transfiguration. Dans le sous-sol le 5 mars 1463 ont été découvert les reliques du monastère d’Iaroslavl, du Prince Saint Theodore et de ses fils David et Constantin. Lors de l’incendie, elle a souffert en 1501, il a été décidé de le reconstruire. En 1617-1619, respectivement à sa place fut construite l'entrée d’un nouveau temple du Seigneur à Jérusalem, mais, cependant, la cathédrale n'a pas été fermée. Des fragments sont visibles dans la maçonnerie des murs sur l’Église nouvelle du monastère qui l'a remplacée.

Sources: Wikipédia, BaïkalNature - Commentaires et photos: Alain BIGOU


 

IAROSLAVL (suite du 1er article)

Visite du Monastère de la Transfiguration du Sauveur le 16 septembre 2016

La matinée du 16 septembre est libre, j'en profite pour rechercher des timbres pour mes cartes postales, et changer de l'argent. Puis je suis allé visiter le Monastère de la Transfiguration du Sauveur, situé à 100 m. Il pleut, mais cela ne m'empêche pas de faire la visite. La première chose qui m'intéresse est la montée dans le campanile qui domine le Monastère et la ville. Je suis le premier client, et  la guide m'a fait passer devant pour ouvrir les énormes trappes qui ferment l'accès au sommet de la tour.

Le point de vue est superbe, la pluie a cessé et la vue porte suffisamment loin pour bien voir la ville et la Volga. A hauteur de mes pieds des boules dorées hérissées de pointes pointent au sommet des tours de la cathédrale. Sur une autre tour, à hauteur de mes yeux, le sommet se termine par une haute hampe d'or terminée par un ours à la hallebarde, symbole de la ville, surmonté d'une croix orthodoxe. Dans la descente je m'arrête pour admirer l'agencement des cloches du carillon. Je passe devant le monument célébrant le Serment du Prince Pojarski, et j'entre dans l'Église de Saint Théodore, David et Constantine.

Je redescends et j'entre dans une sorte de chapelle. Amateur de botanique je m'arrête quelques instants pour observer quelques arbres et arbustes qui ombragent et agrémentent les allées, des tilleuls, un cèdre de Sibérie, des sorbiers, des frênes… Ensuite je vais rendre visite à Macha, une ourse orpheline qui a été sauvée et qui vit dans un espace réservé dans le monastère. L'animal, énorme, placide croque quelques pommes et ne se soucie guère des rares visiteurs.

Une particularité du monastère est le mode de paiement. Vous allez à une caisse pour acheter un billet d'entrée, mais ce billet ne vous autorise qu'à vous promener dans les allées. Pour visiter le musée, la tour, l'ours… à chaque fois vous devez aller acheter un billet à la caisse ???

Iaroslavl: vue depuis le sommet du clocher du Monastère de la Transfiguration du Sauveur

 

De retour à l'hôtel je rejoins le groupe pour la visite de Viatskoe.


 VIATSKOE-SUR-UKHTOMKE

 

Le village de Viatskoe a été fondé en 1502 sur la rivière Ukhtanka. Il est situé dans la plaine de Kostroma à 38 km au nord-est de Iaroslavl, à 18 km de la Volga et à 8 km de la gare du Transsibérien.

Au XIXe siècle, Viatskoe possédait déjà un niveau de vie que lui enviait la ville voisine, Yaroslavl. Avec un peu plus de 800 habitants, le village possédait une bibliothèque, un hôpital, deux hospices, une école, sept restaurants, vingt-six épiceries et une filiale de la maison Singer célèbre pour ses machines à coudre que chaque foyer souhaitait posséder. 

En 2011, sa population s'élevait à 1 893 habitants. Aujourd’hui, ce charmant petit village de l’Anneau d’Or accueille chaque année plus de 120 000 visiteurs. Le 15 octobre 2015 Viatskoe est devenu le premier membre de l’Association des plus beaux villages de Russie. 

C'est l’un des plus écologiques et historiquement important village de l'oblast de Iaroslavl. L’incroyable beauté de la nature des plaines centrales avec une abondance de rivières, de lacs, et d'espaces ouverts, le rend attrayant à tout moment de l’année.  

La première trace de l'existance de Viatskoe remonte à 1502. Au XVIIe siècle, le village qui avait atteint une taille relativement importante devint la baronnie du Patriarche Philarète (Feodor Nikitich Romanov).

Depuis la fin du XVIIIe siècle Viatskoïe étaient connus pour ses marchés hebdomadaire le jeudi et ses foires annuelles. Les principaux sujets de négociation sont le bétail, les chevaux, seigle, avoine, légumes, cuir, laine… et aussi des produits d’artisans locaux tels que: traîneaux roues, chariots, paniers, instruments de battage, rouets, ferronnerie, poteries, ustensiles en bois, etc..

Les sols limoneux et humides du village sont propices à la culture des légumes. Ils contribuent au développement, depuis le milieu du XIXe siècle, de la production de concombres (ou de cornichons). Les concombres produits étaient destinés aux marchés locaux, mais la plupart ont été exportées vers Arkhangelsk, si bien qu'en 1906 de la paroisse de Viatskoe ont été produits environ 8190 tonnes de concombres. A une plus petite échelle, cette production existe à l’heure actuelle. Outre les concombres les agriculteurs de Viatskoe ont développé la culture du lin qui était vendu à Iaroslavl et aux manufactures de Kostroma, et l'élevage de bovins de race. Une autre non moins caractéristique activité de Viatskoe était le travail saisonnier (pour la plupart à Saint-Pétersbourg). Ils exerçaient les métiers traditionnels de couvreurs ou étaient spécialisés dans la maçonnerie en brique (poêles, cheminées…). L'artisanat se transmettait par héritage. Des paysans quittèrent Viatskoe et devinrent de riches marchands de Saint Pétersbourg. 

La fascinante histoire de cette région la attrayante pour les touristes et gens qui veulent changer la ville encombrée de la sérénité de la vie à la campagne.

 Viatskoe: Musée des Jouets, théâtre, cinéma et des Pompiers

Le village de Viatskoïe s'inscrit dans un complexe historique et culturel moderne avec dix musées, trois hôtels, restaurants, des salles de concert et une infrastructure touristique appropriée. Chaque objet reflète les caractéristiques uniques de la région, l'unicité et la richesse de la culture locale.

Les Musées de Viatskoïe: 

  • Musée de l'esprit d'entreprise russe ou "L'histoire d'un village qui voulait devenir ville...";
  • Musée "du paysan marchand de Viatskoïe, la maison Gorokhov";
  • Le musée "Maison des Anges", dédiée à l'héroïsme du «couvreur céleste» Pierre Teluchkin;
  • Musée interactif "Chambre de commerce des frères Ourlov»;
  • Musée polytechnique "Le monde merveilleux des mécanismes et des machines»;
  • Musée des "appareils ménagers";
  • Musée "Le monde des enfants";
  • Musée "Bania au noir" (pièce sans cheminée);
  • Musée des "jeux russes";
  • Musée "des objets sacrés". 

Dans les musées du Centre Historico-Culturel "Viatskoïe" il y a des programmes interactifs, faisant revivre les fêtes traditionnelles telles que la Tenue rouge et le Jour de la récolte, et d'en créer de nouvelles, la Fête de la couronne russe et l'anniversaire de Pierre Teluchkin. 

En préparation de la célébration du 200e anniversaire du grand poète russe N. A. Nekrassov, qui se tiendra en 2021, à Viatskoïe, s'est tenu le traditionnel Festival annuel Russe de Poésie intitulé "Le Jour de Nekrassov dans Viatskoïe ", ainsi que les visites guidées des enfants "Nekrasovskaya Rus". 

Le Centre Historico-Culturel "Viatskoïe" a commencé à travailler sur la création d'un musée littéraire et d'un monument en hommage à Nekrasov qui sera réalisé par le célèbre sculpteur E. Paskhin. Le Festival annuel "La Province c'est l'âme Russe" s'est aussi tenu ici sur une idée de la célèbre chanteuse d'opéra Aimée Kazarnovskaya.

Le Centre Historico-Culturel "Viatskoïe" est le lauréat du Prix "Patrimoine culturel" en 2008, et le lauréat du prix «Conservateur du patrimoine" en 2011. L'auteur du projet, le président russe Vladimir Poutine s'est vu décerner en 2012, le prix de la Fédération de Russie dans le domaine de l’art et la culture pour sa contribution à la relance et au développement des valeurs culturelles et historiques traditionnelles.

En 2015, le principal festival des musées du pays "Intermusées 2015» a reconnu le Centre Historico-culturel "Viatskoïe" meilleur musée de l'année en Russie, il a reçu le Grand Prix du Festival International. Le centre du musée est inclus dans le Fonds du Musée de la Fédération de Russie.

En 2014, le centre a été visité par environ 80 mille touristes. 

Sources: Wikipédia, Вятское (Ярославская область) - Centre Historico-Culturel "Viatskoïe" : вятское-село.рф Vyatka-selo.rf

Viatskoe: passerelle sur  l'Oukhtanka et les banias

Le 16 septembre 2016 le minibus nous dépose dans le centre du village près du Musée des Jouets qui jouxte le Cinéma et le Théâtre devant lesquels sont exposés de très anciennes pompes à incendie sur chariot et sur traineau.. A la suite de Nadejda, nous entreprenons de faire le tour des lieux intéressants de Viatskoe. Nous passons devant l'espace ou vont être érigés le monument au poëte Nekrassov et le futur Musée de la Littérature.

Un groupe de jeunes cyclistes et de piétons débouche sur la route, apparemment c'est l'heure de la sortie de l'école, ils doivent regagner leur domicile. Nous suivons la rue Pervomaiskaya, le long des laquelle de nombreuses maisons ont été restaurées mais il reste cependant des ruines, occultées par des tentures de chantier. Sur le trajet est posée une statue en pierre blanche d'Olga Pankratov (St Pétersbourg). Nous passons devant le Musée des Appareils Ménagers, Viatskoe possédait une filiale de la fabrique de l'universelle machine à coudre Singer. Il convient de souligner que l'embellissement du village est dû à un mécène, Oleg Jarov (d'après le Courrier de Russie), qui en était tombé amoureux, au point d'y consacrer une partie de sa fortune. Plus loin nous passons devant la belle maison qui abrite le Musée des Valeurs Familiales.

Nous descendons vers la rivière que nous traversons sur une passerelle en bois près d'une bania en bois et abordons la rue Kliouchnikovo qui n'est pas goudronnée à cet endroit. Nous avons un point de vue à notre droite sur l'Eglise de l'Assomption construite en briques et crépie en blanc, mais en état d'abandon. Le village est composé de maisons en bois ou en dur mais toutes dans un style traditionnel. Au travers des clôtures en bois ajourées nous pouvons apercevoir, près des maisons, des jardins potagers à la terre noire, certainement très fertiles, et très bien entretenus. Un groupe d'enfants passe devant nous à bicyclette rue Proletarskaya. Nous empruntons la rue Ceredskaya ou est posée une autre statue en pierre blanche, celle-ci, une pieta, est d'Elena Maskhina de Iaroslavl. Plus bas une petite chapelle moderne passe presque inaperçue, on la remarque surtout à cause d'un fronton sur lequel est peinte une fresque religieuse. Non loin de là sous un hangar est exposé une superbe batteuse allemande de 1930.

Nous nous arrêtons devant une maison en construction en rondins, autour de laquelle s'affairent des charpentiers. La construction utilise des méthodes modernes d'assemblage de bois. Les rondins préparés en atelier, ils sont calibrés, les faces sont planes, le champ du haut est arrondi, le champ du bas est taillé en creux pour se coller parfaitement au champ du haut du rondin de dessous. Ils mesurent environ 20 cm d'épaisseur sur 30 ou 40 cm de hauteur et son entaillés "à mi-bois". Les têtes apparentes sont travaillées, ils sont préparés pour recevoir les portes et les fenêtres. Bien que la maison n'était pas encore terminée, on devine très esthétique et confortable.

A côté de la maison en construction une source captée est décorée avec des mosaïques et une image pieuse. Nous passons la petite rivière Ukhtanka sur une belle passerelle en bois. Malgré le caractère écologique annoncé du village, j'émets une réserve quant à la qualité de l'eau de la rivière, d'autant que sur la rive sont bâties plusieurs banias.

Viatskoe, magasin et musée, 9 rue Ceredskaya

Une d'elles est ouverte aux visiteurs, c'est une bania "au noir", c’est-à-dire sans cheminée, ce qui explique que l'intérieur est noirci par les fumées qui s'évacuent par les ouvertures (fenêtres et portes). A côté de la passerelle, une statue en pierre blanche représente un pêcheur tenant un énorme poisson, elle est signée Valentin Rechikov (St Pétersbourg). En remontant vers le centre du village une autre sculpture signée Cemen Jokhov de St Pétersbourg représente un "Houligan", elle est proche d'un jardin d'enfants. De cet endroit nous avons une très belle vue sur le théâtre en plein dont les deux rangées de bancs et la scène se détachent sur le vert sombre de l'herbe. Sur le côté opposé de la rue un ancien bâtiment de style, en brique rouge foncé abrite trois musées ou expositions. Nous terminons par la visite Viatskoïe par le petit Musée du Jouet.

Nous reprenons le minibus pour la prochaine destination, Krasny Profintern.


 Krasny Profintern

 

Krasny Profintern (Profintern rouge) est une commune urbaine du raïon de Nekrasovsk, oblast d’Iaroslavl. Centre pour les établissements ruraux l’internationale syndicale rouge.

La ville est situé sur la rive gauche de la Volga à 36 km au nord-est de Iaroslavl. Le quai près du palais Ponizovkin sur la rive droite de la Volga est relié à Novodachkovo (près de Nekrasovskoïe) sur l'autre rive par un bac pouvant transporter des voitures et des camions. Le fonctionnement du bac est financé par l'administration du raïon de Nekrasovsk. Auparavant jusqu'en 2005, le terminus de la ligne de chemin de fer de Iaroslavl - Danilov se situait à l'usine d'amidon. En 2000 l'usine a été démolie et le chemin de fer fut abandonné. Maintenant la gare la plus proche est à 33 km. Lors du recensement de 2010 on dénombrait 1256 habitants. 

La fondation de la première localité est en relation avec l'ouverture par Nikita Ponizovkin, marchand de Iaroslavl, d'une usine d'amidon de pomme de terre. L'usine et son propriétaire sont cités dans un poème de N. A. Nekrassov "Le malheur du vieux Nahum":

L'usine de sirop de Nahum / Et la petite auberge / Donnent un revenu décent ferme / Nahum est un habile…

Le poète Nekrassov

 Jusqu'en 1945 le village s'est appelé Guzicino, le statut de ville lui a été donné en 1927. Les principales entreprises sont les usines d'amidon et de sirop "Iarpatoka" et une usine laitière. 

La principale attraction du village est le Palais de Ponizovkin, dans l’esprit d’éclectisme avec des éléments d’Art Nouveau, orné de sculptures et ornements de style Néo Mauresque (1912-1914). Le palais bâti sur les rives de la Volga est actuellement en cours de restauration, sur le site le visiteur peut voir la maquette d'un ambitieux projet de complexe touristique. 

 

 Krasny Profintern: Palais de Ponizovkin

Histoire du Palais Ponizovkin 

La première usine d'amidon de Nikita Ponizovkin a été ouverte dans le village de Durkovo en 1848 au ainsi qu'une usine de produits chimiques. Ponizovkin poursuivit l'élargissement de la production si bien que dans les années 1880, il possédait 14 usines d'amidon situées dans plusieurs villages. En 1850, l'homme d'affaires est devenu marchand de la deuxième guilde, et en 1863, de la première. Lors de l'Exposition universelle de Paris en 1889, ses usines de production ont remporté une médaille d'argent. En plus de la production d'amidon et de sirop Nikita Ponizovkin possédait une petite usine de produits chimiques, de peintures et vernis qui étaient très demandés. Les affaires allant bien, le commerçant décida de construire une grande usine d'amidon et de produits chimiques sur la rivière Volga, les travaux ont commencé en 1866, mais en 1867 Ponizovkin a mystérieusement disparu. Sa femme et ses fils organisèrent la maison de commerce et l'ont baptisée "Nikita Ponizovkin et fils". C'est sous ce nom qu'une usine chimique a commencé à fonctionner en 1868. A cette époque, furent construits un logement, des ateliers de menuiserie, de serrurerie, une cheminée d'usine et un bâtiment pour les chaudières à vapeur. Aujourd'hui, la plupart de ces bâtiments sont utilisés aux fins prévues. Un autre sort fut destiné aux bâtiments du domaine.

Dans les années 1912-1914 le petit-fils de l'homme d'affaires bien connu, Nikita Andreyevich Ponizovkin fit construire un palais, sur la rive de la Volga d'après un projet conçu par un architecte de talent inconnu, dans un style éclectique en incluant des éléments modernes. Le bâtiment unique a un choix spatial intéressant, il rappelle l'architecture construite par en par P. S. Boytsov à Murotsevo près de Vladimir.

Avec une grande tour quadrangulaire il offre une vue magnifique sur la région environnante. Son intérieur est entièrement conforme à l'aspect extérieur: un grand escalier, des colonnes, des plafonds peints, un parquet, un jardin d'hiver. Près de lui est située une deuxième maison. Son rez-de-chaussée est en briques, et l'étage en bois, au balcon décoré de fines sculptures.

Après la révolution, pendant longtemps, le bâtiment abritait une école. À l'époque soviétique, il fut décidé de remplacer le système de chauffage à air pulsé parce que la maison était conçue pour un chauffage à eau. Mais un nouveau système de chauffage à eau n'a pas fonctionné. De ce fait, l'école a dû quitter le bâtiment. Ensuite il y a eu un club, une bibliothèque, puis la Maison de la Culture.

 Krasny Profintern: Hôtel de Ponizovkin

En 1993, l'usine a été achetée pour une bouchée de pain, mais l'activité commerciale des nouveaux propriétaires a raté, et ils ont fait faillite en 2001. En 1993, il a également fallu sauver les trésors survivants des Ponizovkin. Pour ce faire, en particulier avec le Département Culture de la Iaroslavl fut créée la Commission de sauvetage du patrimoine de Ponizovkin. Tout n'a pas pu être sauvé, mais la porcelaine, les meubles, les lustres en cristal ont transférés dans le Musée d'Art de Iaroslavl. Mais la maison a continué de se détériorer. 

En 2008, l'usine d'amidon de pomme de terre et tous ses bâtiments ont été acquis par le groupe de sociétés "Tachir" «Ташир», qui se entreprit immédiatement la restauration du monument historique et architectural. La société prévoit de transformer complètement cet ensemble magnifique, sans enfreindre son intégrité et son authenticité historique.

Une partie de l'usine abandonnée

A Krasny Profintern 

Le 16 septembre, après la visite de Viatskoe Nadejda nous conduit à Krasny Profintern (Красный Профинтерн) pour une visite vraiment particulière, celle du Palais de Ponizovkin. La traversée de la ville nous fait vraiment penser à une cité ouvrière avec de grands immeubles de quatre étages en brique à l'architecture austère. En longeant la rive gauche de la Volga nous sommes passés devant des bâtiments industriels délabrés, devant le Palais, puis l'hôtel de Ponizovkin et encore d'autres bâtiments délabrés. Nous nous sommes arrêtés au restaurant Ponizovskin pour prendre un thé avant d'entreprendre la visite du palais. La grande salle est décorée avec des trophées de chasse naturalisés dont un ours, un élan, un cerf, un grand tétras…

Nous avons laissé notre véhicule près du quai du bac qui dessert Krasny Profintern à Novodachkovo près de Nekrassovskoïe sur la rive opposée. A cet endroit la Volga mesure environ 800 mètres de large et la barque de pêcheurs que j'y ai aperçu m'a paru un fétu de paille.

Une amie de Nadejda nous rejoint pour nous commenter la visite. Nous entrons dans un vaste espace enherbé et une petite plantation récente de résineux, nous passons devant l'hôtel et nous dirigeons vers le Palais de Ponizovkin.

 

Le grand escalier du Palais de Ponizovskin

Le Palais de Ponizovkin est une sorte de manoir au rez-de-chaussée surélevé et avec un étage d'une hauteur de plafond de quatre à cinq mètres, la façade orientée vers la route qui longe Volga est encadrée par deux tours. Sur la droite une tour ronde au toit pointu à un étage, sur la gauche, une tour carrée à quatre étages avec balcons et échauguettes, faisant penser à un donjon.

Nadejda nous commente l'historique de l'endroit vu qu'elle a passé plusieurs années dans l'école jusqu'à sa fermeture. Nous entrons dans un grand vestibule avec des colonnes et débouchons dans un grand espace ou se situe le grand escalier donnant accès à l'étage, il est éclairé par une verrière . Le bâtiment est construit en briques, mais les planchers et les parties abîmées ont été refaites en béton. Le bâtiment est en cours de restauration. Les pièces sont égayées par une exposition de tableaux dont les couleurs  tranchent sur les murs en brique blanchis par les vestiges du crépi à la chaux.

Nous nous asseyons sur des bancs disposés dans les coursives autour de la cage d'escalier, et nos deux guides nous commentent l'historique du lieu. L'amie de Nadejda nous montre des documents historiques de l'époque ou l'école fonctionnait. Nous avons même pu voir des photos de la grande crue de la Volga de 1930, l'eau atteignait le sol surélevé du rez-de-chaussée. Dans certaines pièces sont exposées des sculptures de taille et d'artistes divers.

 

La grande salle du Palais de Ponizovkin

Dans une pièce du rez-de-chaussée est exposée la maquette du projet de complexe touristique en cours. C'est un plateau de plusieurs mètres de long et d'au moins un mètre de large. On peut y voir à l'échelle, sur la Volga, un port de plaisance et un terminal pour bateaux de croisière.

Dans les bâtiments en cours de restauration sont prévus:

1. un petit magasin et un café; un complexe sportif et de thalassothérapie avec un centre de fitness, spa, piscine, bania…

2. le château Ponizovkin

3. Un restaurant dans la direction de l'usine,

4. Un restaurant dans la maison,

5. Une chapelle,

6. 12 bungalows,

7. Un club,

8. Un atelier de réparation de bateaux de plaisance,

9.a. Une salle de conférences et un salle de réunions, b. un musée, c. un restaurant, d. une cafeteria, e. l'auberge Ponizovkin,

10.a. un débarcadère et un port pour les bateaux de plaisance, b. un ponton pour les passgers des bateaux de croisière,

11.a. Un complexe de trois bains russes, b. un hôpital,

12. Un espace de 11 parcelles avec 11 à 14 pavillons pour les invités du complexe,

13. L'illumination des allées,

14. L'illumination des berges.

La visite se terminant par la salle des maquettes nous sommes retournés au minibus pour prendre la direction d'Abbakumcevo.

 


Abbakumcevo

C'est un petit village sur la route n°78К0020 à mi-chemin entre Krasny Profintern et Iaroslavl. Nous y découvrons, en pleine nature l'église de l'Annonciation, aux cinq coupoles bleues parsemées d'étoiles d'or, accolée à l'église Pierre et Paul. Dans le petit cimetière derrière l'église se trouve la tombe de la mère du poète Nekrassov, et plus loin le caveau en brique d'autres membres de sa famille.

Sur le sentier du retour au bout d'une grande prairie, encadrée par des arbres centenaires nous apercevons l'ancienne école transformée en musée.

La journée est loin d'être terminée, nous reprenons la route dans l'immense plaine ou les paysages se succèdent, bois, prairies, landes, cultures, d’où émergent de minuscules villages aux maisons colorées. Nous trouvons la route longue, car nous n'avons pas mangé, mais apparemment cela ne gêne pas nos accompagnatrices.

 


Novoe

Nous arrivons chez une habitante de Novoe non loin de la Volga. Comme d'habitude l'accueil est très chaleureux, nous visitons la maison traditionnelle et ses dépendances. Elle est en bois, peinte en bleu ciel, aux fenêtres décorées, sur le côté se trouve le bania, et derrière un potager et un verger. L'intérieur est très chaud, fleuri, avec des photos et des broderies un peu partout. Dans un angle, sous le le plafond, est aménagé le coin rouge, avec ses icônes posées sur une étagère au rideau brodé. Notre hôtesse nous décrit sa maison et la vie dans ce village.

Avant de partir elle nous offre un petit verre d'apéritif à base de "chardonnay". Et nous la quittons non sans avoir fait la photo de famille.

 

A Novoe

Nous reprenons le minibus pour Pestresovo, petite ville de l'oblast de Iaroslavl.

 


Pestresovo

Nous sommes accueillis par une responsable régionale devant la maison de la culture. Sur les marches un groupe "folklorique" en costume traditionnel entonne un chant de bienvenue à notre arrivée, et nous offre le pain et le verre de l'amitié. Nous pénétrons dans une grande pièce chauffée par un poêle à bois. Les murs sont tapissés d'étagères sur lesquelles sont alignées des centaines de poupées de fabrication locale. Nous sommes invités à prendre place devant une table copieusement garnie de spécialités du pays. Après le discours de bienvenue nous sommes priés de nous asseoir. Le repas entrecoupé de chants par les femmes et les jeunes qui nous ont accueilli. Nous avons droit à la présentation de diverses poupées fabriquées dans le village, évoquant les mois du calendrier, ou autres significations symboliques. Nous sommes même invités à créer la notre à partir de brins de paille, d'épis de seigle, de tissus de lin … Une jeune femme nous explique le rôle du poêle à bois pour la préparation des repas, le chauffage de la pièce et des lits.

 

Pestresovo: Groupe de chant local dans le Musée des Poupées traditionnelles

Il se fait tard, la nuit commence à tomber, nous prenons congé des personnes qui nous ont chaleureusement accueillies, l'esprit ailleurs, dans le royaume des poupées.

Nous rentrons en silence à Iaroslavl, Ania nous propose de finir la soirée dans un petit restaurant sympathique qu'elle a déniché. Il est près de 22 heures, la lune éclaire les nuages au-dessus de la Volga. Nous entrons dans le restaurant-musée Sobranis qui jouxte une salle de concert sur haut du quai de la Volga. Une précision: le quai de la Volga est une voie de circulation sur un plateau situé à une quinzaine de mètres de la berge du fleuve et de la Kotorosl.

Le côté musée du restaurant n'est pas très important, il se limite à quelques vitrines ou sont exposées des porcelaines bleues, des matriochkas, des pots de miel et de confiture, avec pour chacune le prix affiché. Mais bon, l'essentiel était de bien manger, ce fut fait.

A la sortie du restaurant vers minuit, nous longeons les quais en direction de notre hôtel. Tout a coup un feu d'artifice jaillit de l'extrémité du port dans le lit de la Volga, quelqu'un savait que c'était notre dernier soir en Russie et qu'il fallait fêter cela?

Nous passons devant la Maison-Musée du Gouverneur, savamment éclairée. Sur la Volga un bateau de croisière déverse un flot de lumières qui se reflète sur les flots sombres. Entre les arbres du parc des spots éclairent par en dessous les tours de la cathédrale de l'Assomption, mettant en valeur les arrondis des bulbes et les croix qui les surmontent. A nos pieds les alignements de réverbères éclairent la Strelka sur laquelle l'ours en parterre de fleurs fait une tâche sombre. D’où nous sommes cette esplanade ressemble singulièrement à une piste d'atterrissage, étonnant, non? La lune continue son jeu de cache-cache avec les nuages, hauts dans le ciel. Des jeux de lumières se projettent sur la cathédrale, dont nous aurons presque fait le tour, sur le parc d'attraction niché dans son île, sur l'hôtel flottant "Perle de la Volga" dont les néons dessinent les contours, sur la rotonde, point de vue sur le confluent de la Volga avec la Kotorosl.

 

Iaroslavl: Cathédrale de l'Assomption

 

Nous entrons dans la rue de la Révolution à deux pas de l'hôtel Dvor Aliocha Popovitch et nous apercevons dans le demi jour le "Canon du Prince" pointé vers je ne sais ou. Ce canon a été créé en 1612 en l'honneur du sauvetage du Prince Dmitri Pojarski. C'est le petit frère du canon exposé au Kremlin de Moscou sous le nom de "Canon du Tsar".

Sur cette dernière vue nous entrons à l'hôtel préparer nos bagages et dormir un peu, demain la route sera longue, nous rentrons en France.


 

 

 Serguiev Possad 

Serguiev Possad (en russe : СергиевПосад) est une ville de l'oblast de Moscou, en Russie, et le centre administratif du raïon Serguievo-Possadski. Sa population s'élevait à 108 490 habitants en 2013. Elle est située à 71 km au nord-est de Moscou, sur la route de Iaroslavl.

La ville de Serguiev Possad (Zagorsk de 1930 à 1991) est surtout connue pour son monastère orthodoxe (Laure de la Trinité-Saint-Serge et Cathédrale de la Trinité) , et, à ce titre, fait partie de l'Anneau d'or constitué par plusieurs villes princières, situées autour de la capitale russe et contenant des ensembles architecturaux superbes.

Serguiev Possad: L'Eglise-Porte St Jean Baptiste, au milieu des remparts

Le monastère est considéré comme le cœur de l'orthodoxie russe, car il a été fondé au XIVe siècle par saint Serge de Radonège, saint patron de la Russie. Au XVe siècle, l'endroit acquiert véritablement son statut de laure, puis au XVIe siècle Ivan le Terrible le dote d'un ensemble grandiose de bâtiments et d'églises.

La ville possède un Musée du jouet, qui expose plusieurs milliers de pièces traditionnelles russes et étrangères.

Laure de la Trinité-Saint-Serge

La laure de la Trinité-Saint-Serge (en russe : Троице-Сергиева Лавра) est un important monastère orthodoxe russe situé dans la ville de Serguiev Possad. Le monastère fut fondé par Serge de Radonège, saint patron de la Russie, au milieu du XIVe siècle. C'est là qu'il bénit, en 1380, le prince Dmitri Donskoï à la veille de la bataille de Koulikovo, qui fut la première victoire majeure sur les Tatars après 150 ans de domination. Les plus grands peintres iconographes de la Russie médiévale, Andreï Roublev et Daniil Tcherny, furent invités à décorer la cathédrale. Le monastère était une redoutable forteresse qui résista seize mois aux armées polonaises et lituaniennes au début du XVIe siècle. Il a également joué un grand rôle culturel, notamment en raison de l'école de copie et de miniatures fondée au XVe siècle. Mais en 1930, le monastère perdra deux de ses plus grands trésors, l'icône de la Trinité d'Andreï Roublev, transférée à la galerie Tretiakov à Moscou ainsi que les cloches du beffroi de la Trinité qui sont détruites.

Le monastère est aujourd'hui devenu un musée d'art, d'histoire et d'architecture qui conserve une vaste collection de peintures et d'objets liturgiques d'or et d'argent.

C'est un des plus anciens monastères, de la foi orthodoxe, haut lieu de pèlerinage orthodoxe, avec en particulier cathédrale de la Trinité (Troitski Sobor) qui abrite la tombe de Serge de Radonège. Parmi les autres bâtiments du complexe se dresse la cathédrale de l'Assomption (Ouspenski Sobor), principale église du monastère, avec ses cinq dômes, un doré et les quatre autres d'un bleu intense constellé d'étoiles dorées. C'est Ivan le Terrible qui en ordonna la construction en 1559. Au fond, du côté nord-ouest, se situe la tombe du tsar Boris Godounov. Enfin, le long du mur sud de la forteresse, se trouve l'église-réfectoire de Saint-Serge (Trapeznaïa Tserkov Sankt-Sergueï) qui fut bâtie au XVIIe siècle et à côté de laquelle résidait le patriarche de l'église orthodoxe dans les quartiers du métropolite qui la jouxtent. Dominant l'ensemble du complexe, le clocher à cinq étages édifié par Dmitri Oukhtomski et Ivan Mitchourine au milieu du XVIIIe siècle contient encore 25 cloches sur les 42 qu'il abritait à l'origine.

L'ensemble architectural de la laure de la Trinité-Saint-Serge est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1993.

 

Notre route de Iaroslavl à Domodedovo par Serguiev Possad

Vers neuf heures nous prenons la route pour Domodedovo avec une halte prévue pour une courte visite à Serguiev Possad. Dans le minibus, personne ne dit mot, nous sommes pris par la nostalgie de fin de voyage, il nous tarde d'être dans l'avion...

A la sortie de Iaroslavl nous apercevons sur la gauche les deux grandes tours bleu-ciel qui dominent la ville, sur la droite défilent les supermarchés et autres grands magasins aux couleurs vives, Plus loin, un château d'eau peint en vert, couvert d'antennes, se dresse entre deux arbres. Au dessus d'une zone industrielle s'échappent des panaches gris qui se confondent avec le ciel si bas qu'on ne distingue pas le sommet d'une haute cheminée blanche et rouge. Après de nombreux kilomètres, dans la courbe d'un virage en face de nous se dresse l'église Pierre et Paul de Petrovsk. Elle est vraiment particulière et très esthétique, un seul bulbe gris posé sur une tourelle émergeant d'un dôme ressemble vraiment à un oignon, à côté le clocher se termine par une flèche très effilée.

Petrovsk: Eglise Pierre et Paul

La route est à deux voies, c'est une succession de longues lignes droites et de longues montées et descentes. La circulation est fluide, ce qui n'empêche pas certains véhicules de dépasser sur la ligne blanche ou en sommet de côte. Parfois un véhicule plus lent que les autres roule sur le bas-côté pour se laisser dépasser. Heureusement, les voies sont larges et les bas-côtés goudronnés, chez nous sur le même espace nous aurions une route à 4 voies.

Nous faisons une halte devant l'hôtel Oasis de Gleboskoe. Sur le parking sont stationnés deux camions Kamaz 6x6 d'une compagnie pétrolière, dont l'un est équipé pour transporter des personnes. Il me font penser au rallye Paris Dakar, et je me prends à rêver de partir en Sibérie avec un tel véhicule. Sur l'autre côté de la route des vendeurs de pastèques se préparent à présenter leurs produits aux voitures qui passent.

Un panneau particulier attire mon attention, il indique une zone de passage d'élans, vu la taille de ce type d'animal, il vaut mieux être prudent.

Arrivés à Serguiev Possad nous garons le véhicule au bas de la Laure de la Trinité Saint Serge. Une petite passerelle enjambe la rivière Kopnika, nous longeons des grilles de protection de l'ancien marché qui héberge maintenant des ateliers de la Laure. Sur un espace vert est édifié le monument sur lequel brûle la flemme éternelle, le chemin piétonnier passe ensuite entre l'auberge de jeunesse sur la gauche et les églises Piatnitsa et Vvedenskaya. Nous voyons enfin le mur d'enceinte et la tour Piatnitsa, à l'angle sud de la Laure, derrière elle émergent les bulbes d'or des cathédrales. Des marchands de tableaux et de souvenirs accostent les passants. Un imposant attroupement de public se presse devant l'église-porte d'entrée. Avant même d'entrer nous sommes saisis par la beauté de l'architecture et des décorations de la porte. Dans l'embrasure, en face de nous se dresse l'imposante cathédrale de la Dormition. Nous nous faufilons pour éviter de nous mêler aux groupes de visiteurs et avoir de l'espace pour profiter de la beauté du lieu. Sur la gauche un marchand de kvass est assailli de clients, nous nous approchons du splendide Réfectoire-Eglise Saint Serge, puis de la cathédrale de la Trinité toute blanche aux bulbes d'or.

Serguiev Possad: Eglises de l'Assomption et du Saint Esprit

Profitant d'une accalmie dans le public nous entrons dans la cathédrale de la Dormition, toute tapissée de peintures représentant des personnages de la vie religieuse dont certains sont identiques à ceux que nous avons vus les jours précédents. La visite mérite vraiment le détour, cependant nous sommes choqués par le côté profane des visiteurs, sans grand respect pour ce lieu sacré.

Nous contournons l'imposant clocher bleu-ciel et blanc, et pour prendre un bol d'air et échapper à la cohue nous traversons le parc planté de rosiers et d'arbres entre lesquels émergent les bulbes de l'église Saint Jean Baptiste, porte de la Laure, dont la décoration particulière rappelle celle du Réfectoire-Eglise. Toutes les voûtes et les façades sont couvertes de fresques, dont une représente Saint Serge tendant un morceau de pain à un ours. La scène se passe dans une forêt sombre près de Radonège, dans laquelle Serge demeura ermite durant trois ans, avec pour seuls livres le psautier et les Évangiles, et pour seul voisinage les animaux sauvages de cette forêt, au nombre desquels les loups et ours n’étaient pas rares. Un de ces ours devint d’ailleurs un habitué de l’ermitage, Serge lui donnait régulièrement du pain.

Artisanat à Serguiev Possad

Sur le chemin nous achetons quelques souvenirs et regagnons notre véhicule. En arrivant près de Moscou nous nous arrêtons manger à Pouchkino dans une cafétéria. L'endroit nous a rappelé le pays vu que nous étions proche de nouveaux grands magasins Décathlon et Leroy Merlin.

Après avoir mariné dans les bouchons nous arrivons à l'aéroport suffisamment tôt pour ne pas rater notre avion, cela aurait été vraiment le premier accroc dans ce voyage qui s'est déroulé comme prévu et qui nous a comblé au-delà de nos espérances.

Serguiev Possad: Saint Serge et l'Ours apprivoisé

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

Après plusieurs mois de recherches et une première ébauche de voyage rejetée par manque de confiance envers le complexe hôtelier qui devait nous héberger, Anna chargée de l'organisation s'est mise directement en rapport avec des guides et interprètes locaux avec lesquels elle a élaboré un programme inédit, sur mesure.

Nous avons enfin pu réaliser notre rêve, la visite des villes de l'Anneau d'Or de Russie, séjourner au plus proche de la population locale et nous imprègner de la vie des russes d'aujourd'hui.

  

 

Nous formions un petit groupe de six personnes de l'Association Pouchkine dont Anna, Jacqueline, Marie Christine, Alain I, Serge et moi-même Alain II. Le 10 septembre 2016 au matin, un airbus nous a amené de Toulouse-Blagnac à Moscou.  Dès notre arrivée en début d'après-midi à l'aéroport de Domodedovo, un guide nous attendait pour nous conduire à Vladimir, première étape de notre voyage située à environ 220 km. Les destinations suivantes seront Souzdal, Iaroslavl, Rostov-le-Grand, Kostroma, Viatskoe et pour finir un halte à Serguiev-Possad. 

Le petit groupe avec au centre Youri notre guide à Souzdal

 Vous pourrez vivre les grands moments de notre voyage au travers des albums photos qui suivent cette introduction.

Mais, avant de parler de Vladimir, je vous présente quelques lignes sur l'Anneau d'Or, objet de notre voyage.

L'Anneau d'Or (en russe : Золотоекольцо, Zolotoïe koltso) est un ensemble de villes et villages médiévaux qui forment un anneau au nord-est de Moscou encadré par la Moskova, la Volga et la Kliazma et délimité par d'anciennes cités princières : Aleksandrov, Iaroslavl, Ivanovo, Gous-Khroustalnyy, Kostroma, Pereslavl-Zalesski, Rybinsk, Rostov-Veliki, Serguev-Possad, Souzdal, Uglitch et Vladimir.

Le sol de l'Anneau d'Or est composé de terre noire, le tchernoziom (en russe : чернозём) particulièrement fertile. La richesse des terres a joué un rôle considérable dans le développement économique de la Russie ce qui explique pourquoi cette région fut occupée dès le Moyen Âge. Le pays est une succession de forêts de feuillus (bouleaux, charmes, peupliers, chênes, érables) ou de résineux (pins, sapins, mélèzes), de champs, de lacs et rivières paisibles qui embellissent le paysage, au milieu desquels se nichent de petits villages d'isbas.

Outre cet atout, la présence des routes fluviales lui conféra très tôt une position géographique et stratégique de première importance. Au cœur de l’Anneau d'Or, Vladimir, Pereslavl-Zalesski, Rostov-le-Grand et Souzdal connurent un essor exceptionnel dont témoignent les nombreux monuments dont l'architecture date du XIIe au XVIIe siècles. La plupart des cathédrales, églises, couvents et  monastères souvent laissés à l'abandon après les heures noires qu'a connu la Russie, ont été rénovés ou sont en voie de restauration certains sont transformés en musée, d'autres continuent à fonctionner comme par le passé, ils frappent par leur splendeur et témoignent de la richesse du patrimoine et de qualité de l'artisanat russe. Ces villes médiévales gardent la mémoire des évènements les plus importants de l'histoire russe, ce sont de véritables musées.


 

La ville de VLADIMIR 

Vladimir (en russe : Владимир) est le centre administratif de l'oblast de Vladimir. Elle fait partie de l'Anneau d'or (Золотое Кольцо) de l'ancienne Russie. Sa population s'élevait à 347 930 habitants en 2013. Vladimir est arrosée par la Kliazma, elle est située à 160 km au sud de Iaroslavl, à 180 km à l'est-nord-est de Moscou, à 232 km à l'ouest de Nijni Novgorod. 

Fondée en 1108 par Vladimir II Monomaque, elle devint le centre de la principauté de Vladimir-Souzdal quand le fils de Monomaque, Iouri Dolgorouki, duc de Souzdal, futur fondateur de Moscou, transféra le siège du pouvoir des Grands Princes de Russie de Kiev à Vladimir. La ville, appelée alors Vladimir de Zalessie (en russe Владимир-Залесский) pour la distinguer de Vladimir de Volynie (Ukraine) demeura la capitale de la principauté de Vladimir-Souzdal, qui fut le centre politique du pays de 1169 à 1327. Ce fut alors l'âge d'or de la ville, jusqu'à l'invasion tatare. 

À cette époque, Vladimir était prestigieuse et prospère, l'une des plus grandes et des plus importantes cités de la Rus (la "Русь" était l'Etat des Slaves orientaux du Xème au XIIIème siècles). Le fils de Iouri, Andreï Bogolioubski, et surtout son petit-fils Vsevolod III Vladimirski, renforcèrent le statut politique de la ville en faisant de Vladimir le centre de l'église orthodoxe russe. 

Sous le règne d'André Bogolioubski furent construites deux portes, l'une dorée (porte ouest) et l'autre argentée (porte est), ainsi que la cathédrale de l'Assomption en 1158 qui devait rivaliser avec Kiev grâce aux artistes byzantins invités ainsi qu'aux revenus de la dîme et de cinq autres églises. 

La prison de Vladimir a servi de lieu de détention au fils de Staline, Vassili Djougachvili

La ville abrite le quartier-général de la 27e armée de missiles de la Garde des forces des missiles stratégiques créée en 1970.

La population est à 85 % orthodoxe, cependant il existe une communauté catholique en l'église du Rosaire. 

Les monuments de Vladimir sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. 

  Monument au Prince Vladimir et Saint Fédor, au fond, la Cathédrale de la Dormition - Photo: Alain BIGOU - 09-2016

 (Texte source: Wikipedia)


SOUZDAL 

Souzdal (en russe : Суздаль) est une ville de l'oblast de Vladimir, le centre administratif du raïon de Souzdal. Sa population s'élevait à 10240 habitants en 2013. Souzdal est arrosée par la rivière Kamenka, elle se trouve à 31 km au nord de la ville de Vladimir et à 191 km au nord-est de Moscou.

La ville apparaît pour la première fois dans l'histoire en 1024. Elle fut pendant plusieurs centaines d'années la capitale de plusieurs principautés russes. Souzdal est le berceau de l'État russe car ses princes, devenus princes de Vladimir puis de Moscou allaient être les rassembleurs « de toutes les Russies » avant de prendre le titre de tsar. Elle fait partie des villes et villages de l'Anneau d'Or de Russie.

Après un déclin politique, la ville retrouva son importance en tant que centre religieux grâce à ses nombreux monastères, elle peut même s'enorgueillir d'une proportion exceptionnelle d'édifices religieus, qui à une certaine période était de quarante églises pour quatre cents familles. De nos jours, Souzdal est une importante destination touristique, comprenant de nombreux exemples d'architecture russe, essentiellement des églises et des monastères. Bien qu'abritant dix mille habitants, elle semble toujours n'être qu'un village, avec des ruisseaux, des rivières et des animaux de ferme à l'intérieur même de la ville. Cette juxtaposition de monuments médiévaux d'exception et de vie rurale lui donne un charme particulier, attirant notamment de nombreux artistes particulièrement dans sa partie la plus ancienne, le Kremlin de Souzdal.

Le Kremlin de Souzdal (en russe : Суздальский кремль) est la partie la plus ancienne, le cœur historique de Souzdal. Il existe depuis le Xe siècle, selon la chronique depuis 1024. Situé dans un méandre de la rivière Kamenka, au sud de la ville, il représente avec ses édifices, témoins des pouvoirs religieux et princiers, un ensemble remarquable classé au patrimoine de l'humanité par l'UNESCO dans le cadre des monuments de Vladimir et de Souzdal. À la fin du XIe siècle et au XIIe siècle fut édifiée une citadelle à cet endroit, entourée d'un anneau de remparts en terre, d'une longueur de 1400 m. Sur les remparts, on ajouta des tours de défense en pierre et des murs de poutres de bois. Dans le kremlin habitaient la cour du prince et la cour de l'évêque. La cathédrale de la ville se trouvait aussi dans le Kremlin. Durant la seconde moitié du XVe siècle, les ouvrages défensifs furent renforcés et multipliés. En 1677, un ensemble de 15 tours et portes de pierres et de bois fut ajouté. En 1719, tous les ouvrages en bois furent détruits par un incendie. Le kremlin conserva ses remparts de terre et ses fossés, quelques églises, l'ensemble de la cour de l'évêché ainsi que la vieille cathédrale de la Nativité.

Nous sommes arrivés à Souzdal le 11 septembre en fin de matinée, nous avons abordé la ville par un superbe point de vue, près d'une rangée de sorbiers aux fruits rouge-vif, ou nous avons pu admirer les toits de la ville et les clochers des églises se mêlant aux cimes des grands arbres des forêts et des parcs environnants.

Après le repas pris au Café Balsaminov Dvorik, nous avons entrepris la visite de Souzdal dont le caractère est vraiment conforme à la description qui précède, à commencer par le Monastère de la Déposition de la Robe de la Vierge. Nous avons ensuite longé la rue Lénine jusqu'au marché, à l'extérieur de l'imposant bâtiment, derrière leurs minuscules étalages, des petits commerçants ou des particuliers proposent toutes sortes de souvenirs, d'artisanat et de produits locaux tels que des champignons, des cèpes très parfumés, du miel, des confitures, des légumes… Plus loin, à partir des vestiges de l'ancien mur d'enceinte nous avons profité d'un exceptionnel point de vue sur la Kamenka et les nombreuses églises qui parsèment la ville. Après avoir traversé un parc peuplé de grands arbres nous sommes entrés dans le Kremlin de Souzdal, qui surplombe la rivière sur laquelle évoluent des pédalos. Nous sommes impressionnés par les imposants bâtiments blancs aux toits vert, et par la majestueuse cathédrale de la Nativité dont les dômes bleu ciel sont émaillés d'étoiles d'or.

La Cathédrale de la Nativité fut construite entre 1222 et 1225 en tuf (pierre calcaire), la Cathédrale de la Nativité s'élève à la place de l'ancienne église de l'époque de Vladimir II Monomaque. Cette cathédrale n'est pas parvenue jusqu'à notre époque dans son aspect initial. De la construction du XIIIe siècle, seule la partie inférieure a été conservée, entourée d'une ceinture d'arcatures, au-dessus de laquelle fut construit un mur au XVIe siècle en brique. La partie ancienne est décorée de riches sculptures de pierre calcaire finement taillées et polies. La façade est garnie de figures de lions, de masques de femmes, d'ornements sophistiqués.

En face de la façade sud de la cathédrale, en 1635, un clocher fut érigé, recouvert d'un toit à huit pans. À la fin du XVIIe siècle, on lui adjoint une horloge dont les heures sont représentées par des lettres. La cathédrale, les palais et le clocher voisin représentent un ensemble qui forment une cour solennelle.

 

Avant de traverser la rivière nous nous sommes entrés dans la vieille église en bois dédiée à Saint Nicolas, datant de 1766, originaire du village de Glotovo. Le chemin sur l'ancienne fortification passe près d'une allée de majestueux tilleuls et peupliers plus que centenaires.

Un petit pont de bois enjambe la rivière, sur l'autre rive nous attend le Musée d'Architecture en bois.

Le Musée de l'Architecture en bois et du mode de vie des paysans se situe près de la rivière Kamenka, à la place du monastère Dmitriévskï, le premier fondé en ville. La fondation du musée a été entreprise dans les années 1960, période ou on a commencé à y transporter des oeuvres d'architectes inconnus menacées de disparition, en provenance de différents villages et bourgs de la région. L'ensemble du musée de Souzdal comprend les plus intéressantes constructions de culte et d'habitations en bois: l'église de la Transfiguration du village de Kozliatiévo, l'église de la Résurrection du village de Potakino, maisons en bois, moulins, greniers, séchoirs à céréales, puits et autres monuments d'architecture traditionnelle russe. Le musée représente un village original avec une rue, des maisons, un centre de culte, etc.

A l'extrémité du musée derrière une hauteur dominée par des moulins à vent se tient la Maison-musée du marchand Agapov. C'est une superbe maison à étage, en deux parties accolées, datant du XVIIIème siècle. Le rez-de chaussée est bâti en pierre et l'étage en bois. Elle conserve l'aménagement intérieur les objets et les meubles de cette époque.

 Maison-Musée Agapov

Les points de vue du Kremlin et du Musée d'Architecture portant sur les divers bâtiments d'intérêt de Souzdal sont exceptionnels. La lumière du soleil couchant donnait une ambiance vraiment particulière qui fait le bonheur des peintres. L'endroit est paisible et propice à la pêche ou à la rêverie. Nous sommes rentrés par le même chemin au "Coin des Ours" ou nous étions hébergés. L'hôtel ne dépareille pas du reste de la ville, son décor est vraiment traditionnel, il est doté d'un grand confort et extrêmement spacieux.

Le lendemain nous sommes allés au Monastère de l'Intercession de la Vierge situé dans un boucle de la Kamenka. 

Le Monastère de l'Intercession de la Vierge (Pokrovskï) est un couvent réservé aux femmes, fondé en 1364 sous le prince Dimitrï III Konstantinovitch. L'aspect actuel de l'ensemble a été créé au XVI siècle, époque où le couvent est devenu le lieu de claustration, volontaire ou parfois forcée pour les reines et les femmes issues des familles aristocratiques. Aux XVI-XVII siècles, le couvent était l'un des plus grands de Russie. Le monument principal de l'ensemble est la cathédrale de l'Intercession de la Vierge, construite en 1510-1518 (bâtie en l'honneur de l'apparition de la Vierge en 910 à Constantinople). Des quatre côtés, l'édifice est entouré de galeries ouvertes, de plus, les portails sont richement décorés. Dans la cathédrale se trouvent les sépultures de reines exilées, de grandes duchesses et de femmes nobles des familles aristocratiques de la Russie Ancienne: Alexandra, fille d'Ivan III, première femme de Pierre le Grand entre autre. En 1923, le couvent a été fermé et saccagé, il fut restauré dans les années 1950-1960. Il abrite un restaurant et un musée, en 1970 des isbas contenant les cellules ont été construites et depuis 1992 la vie monastique y a repris et il est ouvert au culte.

 Souzdal, Monastère de l'Intercession (1364)

Le couvent est composé de la cathédrale de l'Intercession avec son clocher à carillon, d'un réfectoire dans l'église Zatchatevskaia (1551), de la maison du clerc, de l'isba des Prisonniers du (XVIIIème siècle) et des isbas-logements des religieuses. Le tout est encadré par un mur d'enceinte avec des coursives, des tours et les Sainte Portes fortifiées de l'Eglise de l'Annonciation (1515),

Sources: Wikipedia et Baïkal Nature

 


 IAROSLAVL

Nous sommes arrivés à Iaroslavl dans la matinée du 13 septembre ou nous avons pris nos quartiers dans le sympathique hôtel Dvor Aliocha Popovich, qui fut notre base pour visiter la ville et les alentours. Un minibus nous à déposé à l'entrée du parc Petropavlosk dans lequel notre guide nous a commenté la visite de l'église Saint Pierre et Paul de style baroque pétrovien, puis nous nous sommes rendus chez une habitante de la rue Stachek, la plus vieille rue de la ville bordée de maisons traditionnelles en bois aux fenêtres richement décorées. Nous pris notre repas de midi dans la cafeteria du Monastère Cyrille et Afanasy et visité l'église du Prophète Élie. Nous avons poursuivi notre promenade en longeant les quais jusqu'au confluent de la Volga et de la Kotorosvl. Plus tard nous avons chaleureusement été reçus par la directrice et les professeurs de l'Ecole d'Arts Sobinov. Les enfants et adolescents de l'école nous ont donné un magnifique concert de chant et de musique avec divers instruments dont je vous ferai part dans les albums qui suivent. Après le repas du soir nous avons assisté à un concert de musique tzigane au théâtre Volkov. La journée fut extrêment bien remplie et riche en évènements et émotions.

L'Ours symbole de Iaroslavl devant l'Hôtel Aliocha Popovitch

Iaroslavl (en russe: Ярославль) est la capitale administrative de l’oblast de Iaroslavl, une des plus vieilles cités de Russie. Sa population s’élevait à 599169 habitants en 2013. Elle est située à 282 km au nord-est de Moscou, au confluent de la Volga et de la Kotorosl, en outre elle est desservie par le Transsibérien. Elle fait partie de l’Anneau d’or et depuis 2005 la vieille ville est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. 

Iaroslavl est mentionnée pour la première fois en 1010. Elle a été fondée pour assurer la protection de la route entre la Volga et Rostov Veliki (Rostov-le-Grand). Selon la légende, le fondateur de la cité serait Iaroslav le Sage, qui aurait décidé de la construction de la ville à l’endroit même où il a combattu et occis un puissant ours. C’est d’ailleurs en référence à cette légende qu’un ours dressé sur les pattes postérieures et brandissant une hallebarde est représenté sur les armoiries de la ville. À l’époque, Iaroslavl était l’une des villes les plus orientales de la Rus’ de Kiev. À partir de 1218, la ville fut le centre d’une principauté indépendante. À la même époque, le développement de la ville s’amplifie grâce au commerce sur la Volga. Iaroslavl accueille une population importante d’artisans et de marchands, les premières églises et monastères sont érigées. Au cours de son histoire, la ville est rasée et reconstruite plusieurs fois.

Iaroslavl: Eglise et Etang du parc Petropavlosk.

 En 1463, Iaroslavl est rattachée à la principauté de Moscou. En avril-juin 1612, la ville sert de point de ralliement aux troupes de Kouzma Minine et Dmitri Pojarski qui ont libéré Moscou de l’emprise des envahisseurs polonais en 1613. Iaroslavl garde son statut de ville commerciale importante aux XVIIe et XVIIIe siècles. Une école d’architectes d’importance régionale s’y trouvait également. Plus tard, Iaroslavl devient un centre d’industrie textile et en 1796, la capitale d’un gouvernement. En 1805, le célèbre magnat industriel Paul Demidov y fonde une école scientifique, qui est transformée en lycée en 1833. Des liaisons ferroviaires sont créées entre Iaroslavl et Moscou, Saint-Pétersbourg, Vologda et Kostroma entre 1870 et 1893. Une première ligne de tramway entre en service en 1900. Iaroslavl devient un centre d’industrie lourde après la révolution de 1917. 

            En juillet 1918 se produit dans la ville et ses faubourgs une insurrection, sous l'impulsion de l'armée blanche, pour chasser les bolcheviks du pouvoir. Elle est matée par l'Armée rouge après 6 jours de combats.

             En 1970 l'Université d'État de Iaroslavl est ouverte.

             Iaroslavl renferme un patrimoine religieux particulier dont les églises, par rapport à celles de Moscou, de la Haute-Volga ou de Vladimir et Souzdal peuvent être rassemblées sous la notion d'école de Iaroslavl.

            Il y a trois théâtres à Iaroslavl, dont le théâtre Volkov fondé en 1750 par Fiodor Grigorievitch Volkov l’un des plus anciens de Russie (des théâtres existaient déjà à Moscou et à Saint-Pétersbourg, et les comédiens, autant que les pièces jouées, étaient étrangers), une salle de concert, un cirque.

 Le Théâtre Volkov

            Il existe plusieurs musées dont le Musée d'art de Iaroslavl, riche de plus de 65000 pièces et situé dans l'ancien palais du gouverneur, la maison du poète biélorusse Maxime Bogdanovitch. 

Texte de Wikipédia


 

ROSTOV LE GRAND 

Le 14 septembre nous sommes allés à Rostov le Grand, nous avons visité en premier la plus grande fabrique artisanale "Email de Rostov" et participé à la création d'un émail personnel à la façon des artisans-artistes de l'usine, nous avons visité le musée et acheté quelques souveniers… en émail bien entendu.

De là nous sommes allés au Monastère Saint Jacques en bordure du Lac Nero. Sous la direction et les explications de notre guide avons parcouru les allées délimitant des parterres de fleurs et d'arbres aux essences rares. Nous avons visité l'Eglise Sainte Anne en cours de restauration et dont les murs sont tapissés de trésors de peinture.

Au nord un escalier débouchant dans une tour d'angle nous a permis d'accéder au chemin de ronde et à une tour depuis laquelle la vue sur le lac Nero et sur le monastère est splendide.

Rostov: Monastère Saint Jacques

Nous avons pris notre repas dans le sympathique Café restaurant Aliocha Popovitch aux décors médiévaux.

Après le repas nous avons visité le Kremlin de Rostov et ses nombreux édifices dont la cathédrale de la Dormition. (Voir l'article concernant le Kremlin de Rostov).

Dans la partie sud du kremlin se trouve le jardin du métropolite Ion Sysoevich qui était un paradis conforme à la description biblique, entouré de tours avec un plan d'eau au centre. D'après l'inventaire de la maison des évêques de Rostov: A la maison du même évêque sur le côté sud il y a une cour avec une clôture en bois à l'intérieur de laquelle se trouvent un verger et un jardin potager. Lors de l'inventaire de 1701 le verger mesurait 55 brasses de long (env. 100 m) et 30 brasses de large (env. 55 m), il contenait des pommiers, des poiriers des cerisiers et autres arbres fruitiers.

Après le transfert de l'évêché à Iaroslavl (en 1787), les arbres ont périclité. Dans les années 90 du XXème siècle le verger a été replanté avec des pommiers, des poiriers, des pruniers ainsi que des plantes médicinales.

A la sortie nous sommes passés dans un atelier de poteries artisanales vraiment particulières. Les pièces en terre sombre sont rendues noires par le mode de cuisson dans le four à bois.

Après le Kremlin, chemin faisant nous avons longé le Gostiny Dvor et plusieurs églises et édifices religieux, puis nous sommes entrés dans une boutique-atelier sur le quai Tolstoï dans laquelle nous avons pu admirer le travail d'un potier, ses réalisations et les produits de divers artisanats typiques de la région.

Avant de partir de Rostov nous sommes passés dans un musée un peu particulier, rue Dostoïevski, le Musée de l'Oignon, qui apparemment est une production locale. 

De retour à Iaroslav, nous étions invités chez Tatiana, qui nous a fait visiter son appartement, avant de partager le repas typique russe qu'elle nous avait préparé. Nous avons beaucoup échangé et nous avons pu nous imprégner du mode de vie d'une famille russe. La gentillesse de Tatiana et son hospitalité nous a beaucoup touchés et quand nous avons dû la quitter nous étions émus aux larmes. Un grand moment de convivialité qui restera cher à nos cœurs.  

Rostov (en russe: Ростов ; en vieux norrois : Rostofa) est une ville de l'oblast de Iaroslavl, en Russie. Rostov est l'une des plus anciennes villes de Russie et un important centre touristique de l'anneau d'or du fait du kremlin de Rostov situé au centre de la ville. Sa population s'élevait à 31 047 habitants en 2013. 

Le nom officiel de la ville est Rostov, mais les Russes la désignent habituellement sous le nom de Rostov Veliki (« Rostov le Grand»), pour la distinguer de la ville de Rostov-sur-le-Don, qui est d'ailleurs plus importante qu'elle. Rostov Iaroslavski est le nom officiel désignant la gare ferroviaire, en raison de sa position dans l'oblast de Iaroslavl.

Rostov est située sur le bord du lac Nero, à 57 km au sud-ouest de Iaroslavl et à 194 km au nord-est de Moscou.

La région de Rostov était occupée par l'ethnie finnoise aujourd'hui éteinte des Mériens, et fut colonisée très anciennement par les Slaves. Le territoire ne fut cependant pas christianisé en profondeur sous Vladimir Ier, malgré les affirmations des chroniques russes, Livre des degrés et Chronique de Goustynia: Certes, Vladimir se rend en personne à Rostov, sans doute dans l'idée d'en faire une tête de pont de la christianisation vis-à-vis des populations finnoises et y envoie un évêque grec, Fedor; le fils de Vladimir, Boris se voit quant à lui confier la tâche de gouverner la ville et la principauté, mais à sa mort, en 1015, le territoire demeure sans prince et deux évêques sont successivement chassés de la ville par les habitants.

Sous Vladimir Monomaque, le grand-prince déplaça en 1093 la capitale de la principauté de Vladimir-Souzdal de Rostov à Souzdal.Depuis 300 ans, c'est un grand centre de travail des émaux. Il existe un musée de l'émail ouvert récemment.

Le kremlin de Rostov (appelé aussi Cour du Métropolite) est la citadelle de la ville de Rostov Veliki, qui servait de résidence au Métropolite de l'éparchie de Rostov et Iaroslavl. Ce kremlin est situé au centre de la ville, sur les bords du lac Nero. Il date de la seconde moitié du XVIIes. La ville de Rostov Veliki est classée dans l'héritage culturel de la Fédération de Russie et se trouve sur le parcours de l'anneau d'or de Russie, témoignage de la richesse de l'architecture russe ancienne.

Le kremlin en pierre blanche de Rostov, fut construit par le métropolite Jonas Sysoevitch qui occupa le trône épiscopal de la ville de 1652 à 1690 et qui fut un des plus grand bâtisseur de la Russie. La résidence du métropolite fut érigée selon un plan de kremlin, bien qu'à la fin du XVIIes. Le kremlin est une véritable forteresse ecclésiastique, monastiques, une citadelle de la foi orthodoxe, avec de hauts murs d'enceinte hérissés de tours de guet et de défenses. En 1788 le siège du métropolite fut déplacé de Rostov à Iaroslavl; le kremlin perdit de son importance et peu à peu fut délaissé et délabré. Les offices du culte n'étaient plus célébrés et les évêques étaient même prêts à vendre ce kremlin… Toutefois grâce à la contribution des marchands de Rostov, le kremlin fut finalement restauré au XIXème. À l'initiative de A.A.Titov et de I.A. Chliakov, en octobre 1883, un musée fut ouvert dans le Palais Blanc du kremlin : le musée des antiquités religieuses qui fut financé par le gouvernement dès 1907. Ce n'est que dans les années 1920 que les travaux de restauration systématique furent entrepris. Toutefois un terrible ouragan détruisit ces restaurations en 1953 et il fallut tout recommencer.

Les diverses parties du Kremlin de Rostov

Onze tours d'enceinte fortifiée

  • Cathédrale de la Dormition (1508—1512)
  • Clocher-arcade de la cathédrale de la Dormition (1682—1687)
  • Les Saintes portes
  • Église de la Résurrection (1670)
  • Tribunal (1650—1660)
  • Église de Saint-Jean l'évangéliste (1683)
  • Église de la sainte Vierge (Odigitria) (1693)
  • Église du Saint-Sauveur sur Séni (1675)
  • Église de Saint-Grégoire de Nazianze (1680)
  • Palais rouge (1670—1680)
  • « Maison cellier » (XVII в.)
  • Corpus Samuel
  • Palais blanc : palais épiscopal
  • Tours du kremlin

La Cathédrale de la Dormition

La cathédrale de la Dormition (1508—1512) fut construite à l'emplacement d'une qui datait des XII—XIIIess. Elle présente de nombreuses similitudes avec la Cathédrale de la Dormition de Moscou. Une structure monumentale à cinq coupoles, mais de formes simples et nobles. Sa hauteur de la cathédrale avec la croix est de 60 mètres. L'appareillage de la cathédrale est de briques, mais la surface est garnie de pierres blanches, surtout à la base de l'édifice. Un grand nombre d'éléments décoratifs : arcatures, tirants à ferrures donnent un aspect esthétique étonnant, et une résistance des matériaux qui a fait ses preuves jusqu'à présent. En 1991 la propriété de la cathédrale et de l'arcade-clocher fut rendue à l'Église orthodoxe de Russie.

 

Le monastère Saint-Jacques ou du Sauveur de Saint Jacques, (en russe : Спасо-Яковлевский монастырь) est un monastère orthodoxe situé à côté du Kremlin de Rostov, en bordure du lac Nero, au sud-ouest de Rostov-le-Grand. Il a été fondé en 1389 par Saint Jacques de Rostov.

Le plus vieux bâtiment encore conservé est la cathédrale de la Conception-de-Sainte-Anne (Zakharievski Sobor). Elle a été construite en 1686. La cathédrale de la Transfiguration-du-Sauveur (Spasso-Preobrajensky Sobor) est un autre bâtiment du XVIIe siècle, qui appartenait autrefois au monastère aboli Spasso-Pessotski. 

Il a été vénéré comme la châsse de saint Dimitri de Rostov. La plupart des structures du monastère ont été construites à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle dans le style néo-classique. La cathédrale Saint-Dimitri de Rostov a été construite en 1794-1802 avec le soutien du mécène Nikolaï Petrovitch Cheremetiev.

Présentation de céramiques de Rostov

De retour à Iaroslav, nous étions invités chez Tatiana, qui nous a fait visiter son appartement, avant de partager le repas typique russe qu'elle nous avait préparé. Nous avons beaucoup échangé et nous avons pu nous imprégner du mode de vie d'une famille russe. La gentillesse de Tatiana et son hospitalité nous a beaucoup touchés et quand nous avons dû la quitter nous étions émus aux larmes. Un grand moment de convivialité qui restera cher à nos cœurs.

 


  

 

 

 

 

 

 

 

 

Je redis "INSOLITE" car cette visite organisée par l'Association Pouchkine le 5 février 2016 nous a fait connaître des parties du Musée Ingres habituellement fermées au public. Le groupe a rassemblé environ 25 personnes sympathisantes de l'Association Pouchkine, sous la conduite d'une guide du Musée avec la traduction simultanée de ses explications par Ania.

 

Au début de la visite nous avons circulé dans les étages supérieurs, jusque sous la toiture ou nous avons pu admirer le travail des charpentiers qui ont réalisé la couverture de l'ancien Palais Episcopal, aujourd'hui Musée Ingres. Depuis les fenêtres nous fumes saisis par les points de vue sur le Tarn, le quartier de Villebourbon, le Temple des Carmes, la vue se poursuivant jusqu'à l'église de Montbeton...

En redescendant nous avons circulé dans les salles consacrées à deux illustres Montalbanais Jean-Auguste-Dominique Ingres qui a offert à sa ville natale l’ensemble de son fonds d’atelier, une trentaine de peintures mais aussi 4500 dessins autographes présentés par roulement ainsi que son fameux violon. Un bel hommage est également rendu au sculpteur Antoine Bourdelle, autre natif de la capitale quercynoise, par l'exposition d'un grand nombre de ses œuvres. 
D’autres collections, telles que celles d’Armand Cambon (ami et élève d’Ingres et premier directeur du musée), mais aussi un bel ensemble de tableaux anciens retraçant l’histoire de la peinture du XVI au XVIIIème siècle, tant en France qu’à l’étranger, des faïences des XVIIIème et XIXème siècles, d’importants vestiges archéologiques régionaux, sont exposés.

Avant de descendre dans les pièces basses nous avons pu voir le petit cabinet ou furent cachés la Joconde ainsi que d'autres tableaux de grande valeur, dans la période 1940-1942, pour les préserver du pillage des nazis. La visite passe par la Salle du Prince Noir renfermant des vestiges archéologiques. De là les corridors nous ont conduit sous la première arche du Pont Vieux construit par Philippe le Bel et terminé en 1316. Nous avons pu admirer l'ingéniosité des architectes pour la réalisation des voûtes en brique supportant la masse du pont âgé maintenant de 700 ans. De là nous nous avançons jusqu'à un réduit qui dans le temps a servi de prison, sur les murs duquel sont conservé des graffitis gravés par les occupants.

Par d'autres couloirs et escaliers souterrains nous sommes descendus dans une grande salle aujourd'hui inoccupée située à près de 10 m sous le niveau du parking des berges du Tarn. Des conduits bâtis en brique semblables à des cheminées et légèrement incurvés vers l'extérieur nous laissent entrevoir la lointaine lumière du jour.

C'est par cette dernière salle que nous terminons notre visite fort intéressante qui aura duré environ deux heures, avant de prendre un repas en commun en toute convivialité.

 

 

 

 

 

 


L' Eglise russe orthodoxe de Sylvanès nommée "Eglise de l'Etimasie du Trône"

 

Sylvanès est situé dans le sud du département de l'Aveyron à 432 mètres d'altitude dans les contreforts des Monts de Lacaune non loin de Camarès et de Belmont-sur-Rance, au bord du ruisseau des Prats.

 

Un édifice surprenant

Elle surgit au détour d'un chemin au cœur d'un cirque de montagnes, au milieu des forêts.

Construite en bois dans la pure tradition du VIIe siècle russe, elle s'élève à 27 mètres de haut depuis sa base au sol, recouvrant une superficie de 300 m².

Pour les initiés elle est là comme une "petite sœur" des églises de Kiji, (Кижи:voir en fin d'article) les défiant seulement par l'étendue de sa surface au sol !

 

 

Pourquoi un tel monument à cet endroit?

Nous nous posons tous cette  question.

Dès le début de sa fondation le Centre des Rencontres Spirituelles et Culturelles del'Abbaye de Sylvanès a donné une place importante à la culture russe et à sa tradition orthodoxe.

Au moment favorable de la "perestroïka" un français d'origine russe, Basile Solnychkine, a aidé les fondateurs du Centre, le PèreAndré Gouzes et Michel Wolkowitsky, à se rendre en Russie. Ils ont noué des liens privilégiés avec Mgr Alexandre Moghilev,  évêque de Kostroma. De nombreux échanges eurent lieu, une entraide fraternelle, des visites, des accueils de jeunes russes, d'artistes et d'intellectuels, qui scellèrent une fidèle et profonde amitié.

C'est ainsi qu'au cours d'un voyage en France, Mgr Moghilev impressionné par la beauté du site du Prieuré des Granges et de son environnement, proposa de nous construire une belle église en bois dans la pure tradition russe, signe et pont d'une ère nouvelle entre nos pays et nos Eglises. Le Père Serge de Beaurecueil, décédé depuis, en fut le mécène, et la construction de l'édifice fut confié à une équipe de jeunes bâtisseurs russes de la région de Kirov, à 790 km au nord-est de Moscou.

 

Cette superbe église fut construite et assemblée en Russie. Elle fut démontée et en 1993 et prit la direction de la France par la voie ferrée sous l'égide d'un mécénat de la SNCF. De longs mois plus tard, en juillet 1993, elle arriva en gare de Millau en Aveyron. De là elle fut acheminée par camions pour être reconstruite selon les techniques russes, sans boulons ni chevilles. Durant six mois les jeunes russes, ceux-là mêmes qui l'avaient bâtie en Russie et des habitants du pays, collaborèrent dans un climat exceptionnel d'amitié à la reconstruction de cette église dans la forêt de Pessalles, sur le site proche du Prieuré des Granges de Sylvanès ou on peut l'admirer actuellement.

 

La chapelle orientale présente une "belle iconostase" ainsi qu'une riche collection d'icônes de fêtes. La chapelle occidentale contient deux œuvres flamandes exceptionnelles du XVème siècle.

 

Le Musée Zamoyski

Tout près de l'Eglise russe le cloître du Prieuré des Granges accueille dans un patio aménagé en jardin et surmonté d'une pyramide de verre le Musée Auguste Zamoyski (1893-1970). Cet espace admirablement aménagé expose une cinquantaine d'œuvres en marbre, bronze, bois, plâtre.. du grand sculpteur d'origine polonaise, souvent appelé le Rodin polonais, qui a fini ses jours près de Toulouse. Une collection de grands maîtres de la photographie en "noir et blanc" dont Jean Dieuzaide accompagne ses œuvres.

  

   

 


 

Une visite qui mérite le détour tant le cadre est admirables et les œuvres présentées de grande qualité.

  

 


 

L'Abbaye de Sylvanès

L'Abbaye de Sylvanès est une construction cistercienne bâtie à partir de 1136 par Pons de l'Héras, assassin et voleur converti qui fonda l'abbaye de Sylvanès dans l'ancien diocèse de Vabres. Après un siècle et demi de rayonnement, l'Abbaye sombre dans une longue période de décadence. Abandonnée à la Révolution, seule l'église et l'aile est du cloître furent sauvegardées. Classée monument historique en 1862, il faudra attendre 1975 et l'arrivée du père dominicain et compositeur André Gouzes, ainsi que de Michel Wolkowitsky, actuel directeur, pour voir l'Abbaye renaître de ses cendres.

Aujourd'hui, l'Abbaye de Sylvanès est devenue un Centre de renommée internationale qui propose d'importantes rencontres culturelles, spirituelles et musicales.

Elle est aussi le siège du festival international de musiques sacrées, « Musiques du monde », créé en 1978. Michel Wolkowitsky, directeur artistique et fondateur du festival, conçoit celui-ci comme une invitation au voyage, au partage et à la découverte. Au départ, il s'agissait d'une simple animation qui avait pour but d'attirer l'attention sur ce haut lieu de patrimoine. Puis, d'année en année, la programmation s'est enrichie: à la musique sacrée, de tradition catholique et romaine, se sont ajoutés les musiques traditionnelles, la musique de chambre, l'opéra et la danse.

 

 

 


 

> L'île de Kiji, sur le lac Onega, longue de 7 km et large de 500 m, est surtout connue pour son ensemble paroissial en sapin : deux églises du XVIIIe siècle et un clocher. L'église de la Transfiguration de Kiji, assemblée sans aucun clou, semble tout droit sortie d’un conte de fées. Elle est surmontée de 22 coupoles d'argent, et recèle une iconostase baroque.

 

Sources: Basile Solnychkine, président de l'Association "Fra Angelico - Andreï Roublev et Père André Gouzes, Recteur de l'Abbaye de Sylvanès et de l'Eglise Russe du Prieuré et site de l'Abbaye de Sylvanès.

 

 

 


 

 

 

Suite à la très intéressante visite du Château de Bonaguil, je vous propose un bref historique,

 

Malgré une situation paradoxale entre Quercy et Périgord, loin des grandes voies de communication, l’architecture magnifique, les proportions gigantesques (le quart en plan de la cité de Carcassonne) et  un état de conservation tellement remarquable ont conduit Viollet-le-Duc, Lawrence d’Arabie ou André Breton à citer Bonaguil en exemple !

Le château actuel est le résultat de constructions successives sur un même site. Sa principale caractéristique est la présence d'un rocher abrupt en avant d'une colline, séparé par un espace naturel constituant un profond fossé. Ce rocher, au cœur de l'architecture est à la base de la stratégie de défense du château-fort. C'est aussi un élément indispensable de la vie quotidienne de ses habitants. Percé d'une grotte faisant office de galerie, de passage entre deux fronts opposés de la forteresse, il est aussi traversé par une fissure verticale agrandie à la main et aménagée en puits, fournissant une eau précieuse qui constitue le véritable "trésor" du château.

 

Le premier document connu qui témoigne de l’existence de Bonaguil date de 1271. Il fait état de la prise de possession de l’Agenais par Philippe III le Hardi, Roi de France. La place forte est alors agrémentée d’une simple tour de pierre, base du donjon actuel. Vers le début du XVe siècle, une deuxième campagne de construction lui donne son aspect définitif. Un premier logis, modeste, s’y rajoute.

 Arrive alors le puissant Bérenger de Roquefeuil (1448-1530), issu de l’aristocratie du Quercy et du Rouergue, qui va consacrer plus de trente années de sa vie à faire de Bonaguil la forteresse de légende telle qu’elle est aujourd’hui. Il dote le château-fort d’une énorme barbacane, de 6 tours dont une est parmi les plus belles du pays, de sept pont-levis, d’une chicane, d’une casemate, de canonnières et d’une tour moineau percée de meurtrières pour une défense plus incisive encore des fossés.

 La forteresse est à nouveau remaniée dans la seconde moitié du XVIIIe siècle par Marguerite de Fumel.Elle y rajoute une esplanade, supprime les pont-levis et réaménage les appartements seigneuriaux aux goûts du jour. Elle décède peu avant la Révolution française qui se révèle dramatique pour le château : une loi de 1793 donne l’ordre d’abattre les constructions jusqu’au corps de logis et de décapiter les tours. Huisseries et bois sont enlevés et la demeure est pillée puis abandonnée à son triste sort.

 La commune de Fumel s'est portée acquéreur de Bonaguil en 1860 et l'a fait classer au titre des Monuments Historiques en 1862. Elle y poursuit encore de nos jours une véritable actionde mécénat ouvrant largement Bonaguil aux nombreux visiteurs qui y passent chaque année.

Visite du 27 juin 2015, Voir plan de visite en fin de page 

 

 

Aux amateurs d'architecture et d'histoire du Moyen-Age je propose le...  

                                                                                                                            Plan de Visite du Château de Bonaguil

1 - La BARBACANE, Fin XVe siècle: (Mot d'origine arabe signifiant : rempart protégeant un accès). Ce gros ouvrage en demi-lune joue, face à la plus proche des collines avoisinantes, le rôle d'un bouclier puissant (4 m d'épaisseur) et d'un sas permettant les entrées et les sorties en deux temps. Porte en retrait pour échapper aux boulets de canon et au maniement du bélier. Un niveau de canonnières à feu rasant, puis chemin de ronde conduisant à des canonnières hautes. La Barbacane de Bonaguil contribuait aussi à l'économie domestique : DÉPOTOIR, COLOMBIER et circulation entre BASSE-COUR et COUR D'HONNEUR.

C'est l'entrée principale de la forteresse commandant l'accès à la Cour d'Honneur ou à la Cour Basse. Ses murs de près de  4 m d'épaisseur sont percés de part en part de meurtrières et de canonnières.

2 - Le DÉPOTOIR, Fin XVe siècle: Cette chambre basse sous voûte en berceau brisé a servi de DÉPOTOIR aux XVIe et XVIIe siècles. Sa fouille archéologique, en 1973, a révélé quantité de témoignages de la vie quotidienne : restes de céramiques communes, verreries, reliefs de repas etc. et même jouets, qui nous rappellent que Bonaguil fut bel et bien une demeure vivante.

3 - Le COLOMBIER, Fin XVe – début XVIe siècle: Aussi tour d'artillerie (canonnière).Le colombier (pigeonnier lorsqu'il n'était pas attenant au château), constituait le plus souvent un privilège aristocratique jusqu'à la Révolution.Il était destiné tout autant à alimenter la table du seigneur qu'à produire un engrais très recherché (la colombine). Plus de 400 boulins (trous de nidification)  sont toujours visibles.En dessous, belle chambre basse sous voûte en cul-de-four, à la fois salle d'artillerie et moyen d'accès (trappe) aux étages supérieurs dont il ne reste que le colombier.

4 - La BASSE-COUR, Fin XVe siècle: Totalement dallée à l'origine, à l'instar de la COUR D'HONNEUR, de la plate-forme du DONJON  et des chemins de ronde (GROSSE TOUR, BARBACANE et courtine nord), elle est légèrement inclinée vers le Sud pour l'évacuation des eaux de pluie. Six encoches dans le rocher permettent d'imaginer un appentis (parc animalier, stockage du bois...). Au fond, à droite, restes (fût de colonne) d'une fontaine qui recevait l'eau tirée du PUITS de la COUR D'HONNEUR par un conduit en pente dans le mur et le rocher.

5 - Le FOURNIL, Fin XVe siècle:  Il comprend un grand four pour cuire le pain (aliment de base même dans les châteaux) et, à gauche de celui-ci, ce qui paraît être un « petit four » mais qui servait plutôt de cendrier (les cendres du four serviront d'engrais, mais surtout à faire les lessives dans le cuvier).La sole de la chambre de chauffe est constituée de mâchefer pour mieux restituer la chaleur. Le linteau de la hotte est constitué de sept claveaux bloqués à l'aide de crossettes. À côté, la porte ouvre sur un couloir étroit conduisant à une latrines (à droite), à la trappe du silo ainsi qu'à trois canonnières.

6 - La CHAMBRE DE DÉFENSE Nord-Est, Fin XVe siècle: Elle commande l'accès des fossés aux COMMUNS (trois canonnières plus un évent et porte basse située à plus d'un mètre de hauteur par rapport au fossé). Le plafond en coupole a été réalisé « en limaçon », sur coffrage et sans clé de voûte, selon une technique proche des voûtes des cabanes de bergers (gariottes). Les trous régulièrement espacés ont permis l'encastrement des poutres d'échafaudage (boulins) et indiquent les niveaux de construction.

7 - La CASEMATE : Fin XVe siècle: Viendrait de l'espagnol (casa mata = maison qui tue). Ce long couloir souterrain, en arc de cercle, surveille le front Sud-Est (huit canonnières étagées). La voûte, en arc brisé, réalisée sur coffrage, constitue l'un des plus beaux témoignages du savoir-faire des bâtisseurs de Bonaguil. La casemate se termine par un étroit couloir en vis, à l'intérieur d'une délicieuse tourelle que chapeaute une autre voûte en limaçon.

8 - La GROTTE : Le creux de la « bonne aiguille », XIIIe – fin XVe siècle: Aménagée au pic (!) à partir d'une cavité naturelle et accessible dès le XIIIe siècle par une ouverture encore visible au fond de la galerie gauche, la grotte constituait un formidable lieu de stockage et permettait l'accès, au XVe siècle, à l'intérieur du MOINEAU (voir n°9). La couleur rouge-orangé aux endroits non entamés par le pic est due à la présence d'oxyde de fer dans le calcaire bonaguilois.Peut-être la grotte de Bonaguil fut-elle occupée bien avant le Moyen-Âge...

9 - Le MOINEAU ou caponnière, Fin XVe siècle: Sorte de « blockhaus » semi-circulaires, cet ouvrage d'artillerie, adossé à l'escarpe, surveille le fond du fossé par cinq canonnières. Il offre, avec la CASEMATE, la BARBACANE, etc., une preuve de modernité de la défense bonaguiloise. Sa toiture de dalles lisses, restaurée, permettait le ricoché des projectiles depuis le sommet de la courtine Nord. Sur cette toiture, les deux évents avaient pour fonction d'évacuer les fumées toxiques des « bâtons à feu ».

10 - La TOUR GROSSE, Fin XVe siècle: Haute de près de 40 mètres de hauteur, jusqu'à la Révolution, pour des murs de 4 mètres à la base, la grosse tour de Bonaguil fut l'une des plus importantes du royaume, au moment de sa construction. Située au-dessus du village elle était destinée à « la montre » tout autant qu'à l'artillerie (les deux chambres basses) et à la demeure (trois chambres hautes). La ceinture de consoles en pyramides renversées (de type breton) en rehausse l'élégance. Ensemble important de graffiti  des XVIe et XVIIe siècles sur les enduits de la salle du niveau quatre.

11 - La TERRASSE, XVIIIe siècle: Contemporaine de la terrasse du château de Fumel et à laquelle elle s'apparente. Elle fut réalisée sur l'enceinte du XVe siècle par Marguerite de Fumel, dernière châtelaine de Bonaguil entre 1761 et 1788, qui y fit aménager un jardin à la française, tant pour la promenade que pour être admiré depuis les fenêtres hautes de son logis. Au loin la vallée du Thézou, en perspective, semble un prolongement, moins domestiqué, du jardin.

Côté château, belle rivalité de volumes : TOUR GROSSE, TOUR CARRÉE, Tour Rouge.

12 - La CHICANE, Fin XVe siècle: À l'intérieur de ce petit ouvrage en demi-lune, un étroit couloir en zigzag filtrait les mouvements piétonniers entre village et château. Trois portes successives et une canonnière à hauteur de visage pour, finalement, ne pas encore entrer dans le château... On veut bien laisser entrer le villageois mais... pas trop vite. Toiture de lauzes restaurée.

13- La TOUR CARRÉE, Fin XVe siècle: Bâtie sur les entrées du château du XIIIe siècle, elle permettait les accès entre fossés et logis seigneurial. Porte en hauteur, avec gond inversé et trou barrier, autrefois commandée par un pont-levis. Quatre niveaux, dont le troisième réservé à la chapelle seigneuriale (ou oratoire), signalée à l'extérieur par sa fenêtre trilobée.

14 - L'ENTRÉE ET LES CAVES DU LOGIS SEIGNEURIAL, XIIIe et XVe siècles: On accède au logis seigneurial par une porte gothique que surmonte un petit jour transformé en canonnière. À gauche, grande salle en partie gagnée sur le rocher (l'ancienne cave à vin?). À droite, deux caves en enfilade où domine le roc conduisent à la Tour Rouge.

15 - LES SALLES D'HABITATION DU LOGIS SEIGNEURIAL, XIIIe et XVe siècles: À droite, depuis la passerelle en bois, vue sur la chambre de Marguerite de Fumel (1712-1788). La cheminée de style gothique flamboyant (fin XVe) est la plus décorée, la plus belle (?) du château. Transformée par Margueritte, elle n’était plus visible à la fin du XVIIIe, avant 1793. Un peu plus loin, au bout de la passerelle, accès à l'ORATOIRE : fenêtre trilobée et voûte sur croisée d'ogives.
À gauche, à hauteur de COUR D'HONNEUR, la GRANDE SALLE, salle d'apparat, cœur de la vie seigneurial. Au fond, accès à la « chambre » des graffiti, dans la GROSSE TOUR (voir commentaires sur le pupitre).

16 - La COUR D'HONNEUR, XIIIe et XVe siècles: Accessible depuis la BARBACANE, elle-même donne accès au DONJON, au LOGIS SEIGNEURIAL, et à l'origine, à l'aile Est du château en passant par les appartements Sud.
Deux portes en accolade, accostées de pinacles et surmontées de fleurons, font appartenir le château de Bonaguil au gothique tardif. Sur la haute courtine qui protège la cour le crénelage n'est qu'en partie restauré.

17 - Le PUITS, XVe siècle: 48 mètres de profondeur, 2 mètres de diamètre. Creusé au pic dans la roche, il est alimenté par les eaux d'infiltration et de ruissellement. Dans la margelle les deux encoches font imaginer le dispositif pour remonter l'eau (poutres, poulies, cordes et seau de bois). Derrière le puits, le petit évier déversoir permettait d'envoyer l'eau vers la BASSE COUR.

18 - La CUISINE, Fin XVe siècle: Il ne reste de la cuisine que quelques soubassements, le seuil d'une porte, la base de l'ébrasement d'une fenêtre, et les pieds-droits d'une grande cheminée. Dans le contre-cœur de la cheminée, énorme brézier (bloc de grès ferrugineux) pour accentuer la chaleur. Les meules, prises dans le dallage, sont sans doute rapportées des anciens moulins banaux.

 19 - Le DONJON, XIIIe siècle : partie avant en éperon du XVe siècle: Symbole, par sa hauteur, de l'autorité seigneuriale, lieu du dernier repli en cas de prise du château et coffre-fort, voire prison. Accès primitif par échelle ou escalier en bois accédant aux portes en arc, puis, à partir de la fin du XVe siècle, par les escaliers en pierre, droit et en vis. Sur la croisée d'ogives de la dernière salle, superbe monogramme du Christ sculpté en bas-relief. Depuis la plate-forme vue en plan sur le château sur le paysage alentour, préservé.

  AB 

Contacts: Mairie de Fumel - tél.: 05 53 71 90 33 - www.chateau-bonaguil.com